L’absence des membres du gouvernement des travaux parlementaires durant tout le mois de mai commence à susciter des interrogations. Entre interrogations sur un éventuel refroidissement des relations entre l’exécutif et le législatif et explications liées aux priorités gouvernementales, des députés tentent de calmer le jeu.
Le député et membre de la Commission des finances à l’Assemblée des représentants du peuple, Mohamed Amine Ouergui, a affirmé ce jeudi que cette absence ne devait pas être interprétée de manière négative. Selon lui, il s’agit d’une pratique “ordinaire”, réalisée en coordination entre le gouvernement et le Parlement, notamment lorsque les ministres sont mobilisés par des obligations administratives ou des dossiers jugés prioritaires.
Une demande de l’exécutif
D’après ses déclarations à l’agence TAP, cette suspension temporaire de la présence gouvernementale dans les commissions et les séances plénières des deux chambres législatives répond à une demande de l’exécutif afin de concentrer les efforts sur l’élaboration du plan de développement 2026-2030.
Le futur plan de développement est présenté comme un chantier majeur nécessitant une importante coordination interministérielle. Réunions techniques, arbitrages sectoriels et concertations entre différentes structures de l’État expliqueraient ainsi la mobilisation des ministres loin des bancs parlementaires.
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Selon Mohamed Amine Ouergui, plusieurs députés comprennent cette démarche au regard de “l’importance de cette étape” et de la nécessité d’un travail approfondi entre les différentes parties prenantes.
Cette explication intervient toutefois dans un contexte où les relations entre institutions font régulièrement l’objet d’analyses et de spéculations, notamment autour du rôle de contrôle exercé par le Parlement sur l’action gouvernementale. L’absence prolongée des ministres peut alimenter les critiques de ceux qui estiment que les séances de questions et les travaux des commissions constituent un espace essentiel de reddition des comptes.
Le Parlement poursuit ses travaux
Le député a cependant insisté sur le fait que l’activité parlementaire se poursuit normalement. Plusieurs projets de loi ont été transmis ce jeudi par le bureau de l’Assemblée aux commissions compétentes afin d’être examinés avant leur programmation en séance plénière.
Il a également annoncé la tenue d’une séance générale le 12 mai consacrée à l’examen d’une proposition de loi relative à l’organisation des métiers de la musique, estimant que cela démontre la continuité du travail législatif et de la mission de contrôle du Parlement.
Au-delà des explications avancées, cette période de relative discrétion gouvernementale sera probablement observée de près, tant le futur plan de développement 2026-2030 est attendu comme un indicateur des priorités économiques et sociales des prochaines années en Tunisie.