Un an après son lancement progressif, la plateforme Najda affiche des résultats qui retiennent l’attention. Plus de 3 000 patients enregistrés, près de 2 000 cathétérismes d’urgence réalisés, 280 thrombolyses, et un taux d’intervention atteignant 99 % dans les cas traitables : les chiffres présentés cette semaine par le ministère de la Santé dessinent le portrait d’un dispositif désormais pleinement opérationnel.
Ces résultats prolongent une première communication du ministère en mars, qui évoquait déjà plusieurs milliers de patients pris en charge, signe d’une montée en puissance progressive du dispositif.
Ces données ont été dévoilées à l’occasion d’une réunion de travail présidée par le ministre de la Santé, Mustapha Ferjani, en présence des chefs de services de cardiologie, des responsables du SAMU et des urgences. L’objectif : dresser un état des lieux, mais aussi identifier les marges de progression.
« Le temps = la vie du cœur »
C’est autour de cette équation que s’est structuré le dispositif. Dès l’admission aux urgences, les données médicales sont transmises en temps réel vers les équipes de cardiologie interventionnelle ou le SAMU, permettant d’anticiper l’acte thérapeutique.
Résultat : près de 90 % des interventions sont désormais réalisées en moins de quatre heures — contre environ 30 % il y a une décennie. Une évolution significative, dans un domaine où chaque minute influe directement sur les chances de survie.
Ce que les chiffres ne disent pas encore
Les indicateurs opérationnels progressent nettement. Mais leur traduction en résultats cliniques reste à documenter. Le lien direct avec la mortalité ou la réduction des séquelles n’a pas encore fait l’objet de données consolidées rendues publiques.
Autrement dit, Najda semble avoir permis de gagner la bataille du temps médical. Reste à en mesurer pleinement les effets à l’échelle nationale, tant en termes de survie que de qualité de vie des patients.
C’est l’enjeu de la phase qui s’ouvre : accélérer encore les délais de réponse, garantir la disponibilité en temps réel des salles de cathétérisme, renforcer la coordination entre les différents intervenants — et traduire ces performances en résultats cliniques comparables et documentés.
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