La recherche médicale tunisienne franchit un nouveau cap avec le lancement d’un projet ambitieux dédié à la lutte contre le cancer. Mardi 21 avril 2026, la Faculté de médecine de Sousse a annoncé le démarrage du projet « Biogn 4 Med », une initiative scientifique visant à identifier des biomarqueurs du cancer à partir d’analyses sanguines, afin d’améliorer la prise en charge des patients et de limiter les effets des traitements non ciblés.
Coordonné par la faculté, ce projet repose sur un partenariat international associant le CHU Sahloul de Sousse, l’Université de Palerme et la fondation italienne RiMED, spécialisée dans la recherche biomédicale. Financé par l’Union européenne à hauteur d’environ un million d’euros, « Biogn 4 Med » s’étalera sur une période de 30 mois.
Anticiper l’évolution de la maladie
L’objectif central consiste à anticiper l’évolution de la maladie et à mieux prédire la réponse des patients aux traitements, notamment pour les cancers les plus fréquents en Tunisie et en Italie. Cette approche s’inscrit dans le développement de la médecine de précision, qui vise à adapter les thérapies aux caractéristiques biologiques et génétiques de chaque patient, en rupture avec les traitements classiques comme la chimiothérapie, souvent lourds et non spécifiques.
Selon les responsables du projet, cette initiative a été sélectionnée parmi une centaine de candidatures dans le cadre du programme Interreg NEXT Italie-Tunisie 2021-2027, qui soutient la coopération transfrontalière en matière d’innovation et de transfert technologique. Seuls 30 projets ont été retenus, témoignant du caractère compétitif et stratégique de cette sélection.
Publication d’articles dans des revues internationales
Au-delà de la recherche fondamentale, « Biogn 4 Med » prévoit l’organisation de colloques scientifiques, la publication d’articles dans des revues internationales, ainsi que le renforcement des capacités techniques des institutions partenaires, à travers l’acquisition d’équipements de pointe et l’échange d’expertises.
Lire aussi : En 2040, la Tunisie enregistrera plus de 40 mille cas de cancers
Les travaux porteront notamment sur les cancers les plus répandus, tels que le cancer du sein, du poumon, du côlon et du rectum, de la vessie, ainsi que les tumeurs cérébrales. Les analyses s’appuieront sur des échantillons prélevés auprès de patients de la région de Sousse, permettant de développer des outils de diagnostic précoce et des traitements ciblés, mieux adaptés aux profils des malades.