La chambre correctionnelle près la Cour d’appel de Tunis a rendu son verdict dans l’affaire impliquant l’avocate et chroniqueuse Sonia Dahmani, en la condamnant à un an et six mois de prison. Cette décision intervient après une première condamnation à deux ans de prison prononcée en première instance.
En première instance, le Tribunal de première instance de Tunis avait condamné Sonia Dahmani à deux ans d’emprisonnement sur la base de l’article 24 du décret-loi n°54 relatif à la lutte contre les infractions liées aux systèmes d’information et de communication.
La cour d’appel a finalement réduit la peine à 18 mois de prison, tout en maintenant le principe des poursuites engagées.
Une affaire liée à des déclarations médiatiques
L’affaire trouve son origine dans des interventions médiatiques de la chroniqueuse, au cours desquelles elle avait évoqué la question de la discrimination raciale en Tunisie, en citant des exemples qu’elle présentait comme des faits observés dans la société.
Ces propos ont été requalifiés par les autorités comme une diffusion de fausses informations, constituant la base juridique des poursuites engagées contre elle en vertu du décret-loi n°54.
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Un dossier judiciaire déjà chargé
Depuis son arrestation le 11 mai 2024, suivie d’un mandat de dépôt le 12 mai 2024, plusieurs procédures judiciaires distinctes ont été ouvertes à son encontre, toutes liées au même texte de loi.
Par ailleurs, une décision ministérielle datée du 27 novembre 2025 lui avait accordé le bénéfice de la libération conditionnelle, entraînant sa remise en liberté dans le cadre d’une autre procédure.
Au-delà du volet judiciaire, cette affaire continue de susciter des débats sur l’interprétation du décret-loi n°54 et sur la frontière entre liberté d’expression, critique sociale et diffusion de fausses informations.
