L’arrestation à Tunis, le 9 mars 2026, d’un fugitif recherché par Interpol a suscité un écho particulier dans la presse italienne. L’homme interpellé, Diego Bocciero, 37 ans, est soupçonné par les autorités italiennes d’être une figure du clan Nuovo Partenio, une organisation criminelle liée à la Camorra, la mafia napolitaine.
Sa capture en Tunisie met fin à plusieurs semaines de cavale, à l’issue d’une enquête menée par les magistrats antimafia de Salerne.
Un membre présumé d’un clan mafieux actif en Campanie
Selon les enquêteurs italiens, Diego Bocciero serait impliqué dans les activités du clan Nuovo Partenio, actif dans la province d’Avellino, en Campanie.
Les investigations de la Direction antimafia du district de Salerne portent notamment sur des faits d’extorsion aggravée réalisés selon des méthodes mafieuses. Les enquêteurs soupçonnent le clan d’exercer des pressions sur des entreprises locales pour obtenir de l’argent ou des avantages économiques.
Un mandat de détention provisoire avait été émis le 12 décembre 2025 par un juge d’instruction de Salerne dans le cadre de cette affaire.
Une cavale entamée en décembre 2025
Diego Bocciero avait disparu peu après l’émission de ce mandat judiciaire. Le 17 décembre 2025, il était officiellement déclaré fugitif par les autorités italiennes.
Les recherches ont été confiées à l’unité d’enquête des carabiniers du commandement provincial d’Avellino, qui ont multiplié les investigations : surveillance de l’entourage du suspect, analyse de transactions financières et suivi de données de déplacements.
Ces éléments ont progressivement permis aux enquêteurs de retracer les mouvements de certains proches susceptibles de lui apporter un soutien logistique.
La piste tunisienne aurait émergé grâce à la coopération internationale entre les carabiniers italiens et Interpol.
Une fois sa présence en Tunisie identifiée, les autorités tunisiennes ont procédé à son arrestation dans un quartier de la ville de Sousse, dans le cadre du mandat international émis à son encontre.
Pourquoi certains fugitifs italiens se réfugient en Tunisie
L’arrestation de Diego Bocciero n’est pas un cas isolé. Ces dernières années, plusieurs fugitifs italiens liés à des organisations mafieuses ont été interpellés en Tunisie. En 2020, par exemple, une figure importante de la mafia italienne avait été arrêtée à Tunis après plusieurs mois de cavale. En 2023, un autre ressortissant italien soupçonné de liens avec la Cosa Nostra avait également été interpellé en Tunisie dans le cadre d’une coopération entre les autorités tunisiennes et italiennes.
La proximité géographique entre l’Italie et la Tunisie, les liaisons maritimes et aériennes régulières entre les deux rives de la Méditerranée ainsi que l’intensité des échanges touristiques et économiques peuvent expliquer que certains fugitifs tentent de s’y réfugier pour échapper temporairement aux enquêteurs européens.
Une lourde condamnation déjà prononcée
Selon la presse italienne, Diego Bocciero aurait déjà été condamné à 19 ans et 10 mois de prison en première instance et en appel pour son appartenance au clan Nuovo Partenio.
La Cour de cassation italienne doit encore se prononcer définitivement sur ce dossier lors d’une audience prévue le 2 avril 2026.
En attendant, le suspect devrait rester détenu en Tunisie dans le cadre de la procédure d’extradition vers l’Italie.
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