La justice a rejeté, en référé, la demande visant à suspendre l’activité des unités industrielles accusées de pollution à Gabès. C’est ce qu’a confirmé, jeudi 26 février 2026, Monir Laâdouni, président de la section régionale des avocats de Gabès, dans une déclaration à Mosaïque FM.
Selon ses propos, le tribunal a refusé la requête en estimant que « le préjudice n’est pas établi » en l’état du dossier et qu’il nécessite des expertises techniques et scientifiques pour être démontré. En d’autres termes, le juge des référés a considéré que les éléments fournis ne suffisent pas, à ce stade, à caractériser un dommage évident et imminent justifiant une mesure d’arrêt immédiat.
Prévenir un dommage grave
La procédure engagée relevait du référé, un mécanisme d’urgence destiné à prévenir un dommage grave ou à faire cesser un trouble manifestement illicite. Or, dans ce type de contentieux, la charge de la preuve pèse fortement sur les requérants, qui doivent démontrer l’existence d’un danger actuel et clairement identifiable. L’exigence d’expertises scientifiques, évoquée par le tribunal, renvoie à la complexité des dossiers environnementaux, où l’établissement du lien entre activité industrielle et atteintes sanitaires ou écologiques suppose des analyses approfondies.
Monir Laâdouni a indiqué que la section régionale interjettera appel de cette décision. Il a ajouté que, si nécessaire, une nouvelle action pourrait être introduite « d’une heure à l’autre », laissant entendre une stratégie judiciaire graduelle pour maintenir la pression sur les unités concernées.
Ce rejet ne clôt donc pas le dossier
Ce rejet ne clôt donc pas le dossier. Il déplace le débat vers le terrain probatoire et scientifique, au moment où la question environnementale à Gabès demeure hautement sensible. Entre impératifs économiques liés à l’activité industrielle et revendications citoyennes en matière de santé publique et de droit à un environnement sain, le contentieux s’annonce long et technique.
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