L’avocat et ancien magistrat Ahmed Souab sera rejugé demain, jeudi 12 février 2026 en appel à la Cour d’appel de Tunis, moins de quatre mois après sa condamnation en première instance à cinq ans de prison ferme et trois ans de surveillance administrative dans une affaire qui avait suscité de vives réactions.
En octobre 2025, la chambre criminelle spécialisée du pôle judiciaire antiterroriste avait condamné Ahmed Souab, arrêté en avril de la même année, à une peine de cinq ans de prison pour des motifs liés à des commentaires faits à l’issue d’un procès se rapportant à une affaire dite de « complot contre la sûreté de l’État ».
Une condamnation vivement contestée
La tenue de l’audience en appel, annoncée pour ce 12 février, est perçue comme une étape décisive dans une affaire qui a suscité de nombreux débats au sein du milieu judiciaire.
Le verdict du 31 octobre 2025 avait été rendu à l’issue d’une audience critiquée par la défense. Les avocats avaient dénoncé des conditions de procès qu’ils jugent inéquitables, évoquant notamment le refus de l’accusé de comparaître par visioconférence, le caractère expéditif de l’audience et l’impossibilité de plaider pleinement sa défense.
Des poursuites liées à une déclaration
L’ancien magistrat est poursuivi pour « incitation à commettre un acte terroriste » et « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». Ces poursuites font suite à une déclaration faite en marge du procès en première instance de l’affaire dite du complot contre la sûreté de l’État.
Lors de cette prise de parole, Ahmed Souab avait employé une image métaphorique, évoquant un « couteau sous la gorge » pour décrire, selon lui, la pression exercée sur les juges. Cette formule a été interprétée par l’accusation comme une menace.
Lire aussi :