Réunie mardi au siège de la place Mohamed Ali, l’Instance administrative de l’UGTT a ouvert ses travaux consacrés aux préparatifs de son prochain congrès. Une réunion à caractère essentiellement organisationnel, selon ses responsables, portant sur la logistique, le calendrier et les conditions matérielles de l’événement.
Selon le secrétaire général adjoint Sami Tahri, l’Instance administrative examine notamment les options relatives au lieu de tenue du congrès. L’hypothèse d’une organisation à Monastir est évoquée, principalement pour des raisons budgétaires, le coût de l’hébergement dans la capitale étant jugé trop élevé. Une présentation de la situation financière de certaines structures affiliées à l’UGTT a également été faite, dans le cadre de l’évaluation des besoins liés à l’organisation du congrès.
Le prélèvement direct, un dossier distinct et conflictuel
Parallèlement aux préparatifs du congrès, l’UGTT fait face à un autre dossier, plus conflictuel : l’arrêt du prélèvement direct des cotisations syndicales. Abordée séparément par Sami Tahri dans une déclaration accordée à Mosaique FM, cette question dépasse le strict cadre organisationnel du congrès.
Qualifiant la décision de « mesure punitive », le responsable syndical estime qu’elle contrevient aux conventions internationales relatives à la liberté syndicale, notamment les conventions 87 et 151 de l’Organisation internationale du travail.
Sami Tahri soutient que le prélèvement des cotisations repose sur une base volontaire, à la demande de l’adhérent. Une affirmation formelle qui contraste avec la réalité d’un mécanisme progressivement institutionnalisé au sein de la fonction publique, où le prélèvement automatique s’est imposé comme une pratique largement intégrée aux circuits administratifs, et rarement remise en question.
Entre solutions transitoires et incertitudes
Dans l’attente d’un éventuel dénouement, l’UGTT indique travailler sur des solutions provisoires, notamment des campagnes de volontariat et des alternatives techniques destinées à compenser l’arrêt du prélèvement direct.
Sami Tahri met en garde contre les conséquences d’une telle décision sur la capacité organisationnelle et opérationnelle des structures syndicales. Il rappelle également que le prélèvement direct ne concerne pas uniquement les cotisations de l’UGTT, mais s’étend à d’autres dispositifs, tels que les coopératives, les amicales, les remboursements de crédits et certains paiements liés aux services publics.
En conclusion, le responsable syndical précise que l’Instance administrative actuelle n’a pas vocation à trancher les grandes orientations politiques ou syndicales. Ces questions, tout comme les résolutions et les réformes à venir, seront abordées lors de réunions ultérieures, à l’approche d’un congrès qui s’annonce, cette fois, dans un environnement institutionnel plus contraint.
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