Avec 7 millions de visiteurs enregistrés dans les centres d’hydrothérapie en 2025, la Tunisie découvre l’ampleur d’un secteur longtemps relégué au second plan. Cette donnée, annoncée par le Directeur Général de la Santé, Dr Walid Naïja, dans une déclaration à l’Agence TAP à Gafsa, révèle l’émergence d’une pratique devenue massive, à la croisée de la santé, du bien-être et du tourisme.
Un secteur désormais visible
Jusqu’à récemment, les estimations relayées par la presse et les opérateurs se limitaient aux centres de thalassothérapie, évalués à environ 1,2 million de visiteurs annuels. Ce chiffre ne représentait en réalité qu’une fraction de l’activité, en excluant les hammams thérapeutiques, stations thermales, bains minéraux et centres spécialisés utilisant l’eau douce ou salée.
Le chiffre communiqué par le ministère ne concerne donc pas uniquement les établissements médicaux spécialisés. Il agrège toutes les fréquentations liées à l’usage de l’eau à des fins thérapeutiques ou de bien-être, qu’elles se déroulent dans des stations thermales, dans des centres de thalassothérapie, dans des spas médicaux ou dans des hammams orientés vers la détente ou la prévention.
Des pratiques diversifiées et un parc en expansion
Le Directeur général de la Santé a précisé que la fréquentation des centres d’hydrothérapie a augmenté d’environ 5 % entre 2024 et 2025, confirmant un intérêt croissant pour ce type de soins. Le pays compte aujourd’hui environ 60 centres de thalassothérapie et près de 390 spas et structures de bien-être intégrant des services d’eau thérapeutique, dont la majorité est rattachée à des hôtels ou à des complexes touristiques. À cela s’ajoutent plus de 150 sources thermales naturelles réparties dans les zones intérieures, dont plusieurs restent encore peu exploitées.
Cette diversité alimente une fréquentation répartie entre une demande locale croissante et un afflux régulier de visiteurs étrangers. Des patients en rééducation fonctionnelle, des personnes souffrant de rhumatismes ou de troubles respiratoires, mais aussi des amateurs de relaxation et de prévention composent ce public élargi.
Un secteur en structuration et en montée en gamme
L’essor du secteur attire de nouveaux investissements. Plusieurs projets de stations thermales écologiques sont en cours d’étude dans des zones comme le village montagneux de Beni M’tir dans le Nord-Ouest ou autour du lac Ichkeul au sud de Bizerte, qui pourraient ajouter une dimension plus durable et haut de gamme à l’offre existante. Ces initiatives visent à répartir les flux au-delà des grandes zones balnéaires historiques de Sousse, Hammamet ou Djerba.
En parallèle, les autorités préparent un label national baptisé Spa Médical Tunisie afin d’encadrer et différencier les établissements offrant un parcours thérapeutique complet, intégrant hygiène, compétence médicale et standards de qualité. Ce label devrait s’accompagner d’un programme de formation des professionnels de l’hydrothérapie pour renforcer les compétences disponibles dans le pays.
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