L’Union générale tunisienne du travail (UGTT) traverse une phase de fortes turbulences internes, dont l’annulation de la grève générale initialement prévue pour le 21 janvier constitue l’illustration la plus visible. Ce mardi, Sami Tahri, membre du bureau exécutif de la centrale syndicale, a levé le voile sur les raisons organisationnelles et juridiques ayant conduit à ce report, tout en annonçant l’ouverture d’un nouveau processus décisionnel.
Dans une déclaration à l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), Sami Tahri a indiqué que le bureau exécutif de l’UGTT s’apprête à publier un communiqué appelant à la convocation urgente de l’instance administrative nationale. Cette réunion exceptionnelle devra permettre de fixer une nouvelle date, plus mûrement réfléchie, pour une éventuelle grève générale, après une phase de concertation élargie entre les différentes structures syndicales.
Selon lui, cette démarche vise à garantir un cadre légal solide et à assurer le succès de cette instance, tant sur le plan organisationnel que sur le fond. Il a souligné que la décision de convoquer cette réunion émane de la majorité du bureau exécutif, après consultation et débats internes, afin d’éviter toute improvisation susceptible d’aggraver la crise.
Sami Tahri a également dénoncé l’initiative de l’organe chargé du règlement intérieur de l’UGTT, qui avait appelé à la tenue d’une instance administrative. Il a estimé que cette démarche est contraire aux statuts de l’organisation et dépasse les prérogatives de cette structure. Il a rappelé que, conformément au règlement interne, la convocation de l’instance administrative nationale relève exclusivement du secrétaire général, de la majorité du bureau exécutif ou des deux tiers des membres de cette instance, selon les règles de représentation en vigueur.
Dix jours avant sa date d’exécution
Concernant l’annulation de la grève générale du 21 janvier, Sami Tahri a expliqué qu’elle découle de l’impossibilité de respecter les délais légaux liés à la notification officielle de la grève, qui doit être signée au moins dix jours avant sa date d’exécution. Or, cette procédure ne peut être validée que par le secrétaire général de l’UGTT, un poste actuellement vacant à la suite de sa démission.
Il a qualifié cette démission de « précédent historique », soulignant les lourdes conséquences qu’elle a entraînées au sein de la centrale syndicale. Selon lui, cette situation a provoqué un climat de confusion et de désorganisation, contribuant à l’échec d’une mobilisation d’envergure qui aurait pu marquer un moment clé dans l’action syndicale.
Dans un contexte social et économique déjà tendu, cette séquence met en lumière les fragilités internes de l’UGTT, longtemps considérée comme un acteur central de l’équilibre social en Tunisie. La convocation annoncée de l’instance administrative nationale apparaît désormais comme une tentative de reprise en main, à l’heure où la centrale syndicale doit faire face à des défis internes majeurs tout en répondant aux attentes d’une base syndicale en quête de stabilité et de lisibilité stratégique.
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