• Accueil
  • À propos
  • Contact
webdo
FR AR EN
  • Accueil
  • National
  • Divers
  • regions
  • Sport
  • Culture
  • Chroniques
    • Everyday Tunisians
    • Edito
  • International
No Result
View All Result
  • Accueil
  • National
  • Divers
  • regions
  • Sport
  • Culture
  • Chroniques
    • Everyday Tunisians
    • Edito
  • International
No Result
View All Result
🇫🇷 FR 🇸🇦 AR 🇬🇧 EN
webdo
No Result
View All Result

Le billet de Hatem Bourial – Flagrant délit d’amnésie

par
lundi 11 avril 2011 11:50
dans Chroniques
Le billet de Hatem Bourial - Flagrant délit d’amnésie

Il y a neuf ans, jour pour jour, la synagogue de la Ghriba à Djerba subissait une attaque terroriste qui sera d’ailleurs revendiquée plus tard par la nébuleuse Al Quaïda.

A l’époque, les autorités s’étaient installées dans le déni de réalité en cachant au public la vérité des événements. Mais, très vite, grâce aux télévisions satellitaires, le mensonge fut éventé. Nous eûmes même droit à ces moments dont nous étions coutumiers lorsque le monde disait une chose et le Palais de Carthage une autre. Mais pourquoi remuer ces turpitudes ?

Que s’est-il donc passé ce 11 avril 2002 à la synagogue de Djerba ? Un camion-citerne chargé de gaz et conduit par un kamikaze a explosé à la Ghriba. Une vingtaine de morts (allemands, français, et tunisiens) seront à déplorer ainsi qu’une trentaine de blessés. Le kamikaze, un islamiste franco-tunisien nommé Nizar Naouar avait reçu une formation dans les camps afghans. Sur place,  il bénéficia de la complicité de son oncle qui sera plus tard condamné à vingt ans de réclusion.

Depuis, les mesures de sécurité autour du site ont été fortement renforcées et la synagogue continue à être l’un des lieux les plus visités par les touristes à Djerba.

Quelques mots sur la Ghriba qui, sans nul doute, est la plus ancienne synagogue d’Afrique du nord. On remarquera d’ailleurs que notre pays, terre bénie et carrefour de la tolérance, compte dans son patrimoine la première mosquée maghrébine à Kairouan et aussi les premières églises chrétiennes de toute la région.

Ceci dit, la synagogue originelle n’existe plus. Au fil des siècles, elle a été remplacée par l’édifice que nous connaissons et qui date des années 1920. La légende veut qu’une pierre céleste soit tombée sur terre et qu’une femme apparaisse alors pour construire la synagogue. Une autre croyance veut que les clés de la synagogue remontent au ciel après de départ du dernier Juif de Djerba.

Notons enfin qu’il existait en Tunisie d’autres synagogues dénommées « Ghriba » : elles se trouvaient au Kef, à L’Ariana et aussi dans le quartier d’El Hafsia à Tunis. Toutefois, celle de Djerba est la plus ancienne. Voilée de mystère, son nom signifie aussi bien merveilleuse qu’étrange ou solitaire. Quant à sa fondation, elle remonterait à 586 avant J.C. Animée au quotidien par la psalmodie des prières des batlanims (orants), la Ghriba accueille une séouda (pèlerinage annuel) à l’occasion de Lag Be Omer, une fête postpascale.

Si je consacre ce billet à la Ghriba, c’est que cette date du 11 avril constitue un anniversaire qui fait partie de notre mémoire collective de Tunisiens. Que ce crime ait pu être planifié et exécuté nous avait appris que nous n’étions pas invulnérables. Que les autorités aient choisi le mensonge et plaidé l’accident n’était pas une surprise en soi.

La vigilance est toujours de mise dans ce contexte troublé où des rumeurs (infondées) d’incendie d’une synagogue à El Hamma et des faits (avérés) d’une manifestation devant celle de Tunis ont suscité l’inquiétude. Il ne faut pas évacuer ce crime contre la Tunisie de notre mémoire collective sous prétexte que l’évoquer pourrait avoir des répercussions négatives sur notre tourisme. Au contraire, l’assumer et s’en souvenir permettra d’atténuer la peine et construire la vigilance. N’ayons pas de contentieux avec notre propre histoire. Ne soyons pas les victimes consentantes de la tentation amnésique.

Car si cette date du 11 avril interpelle notre mémoire souvent défaillante, elle souligne aussi combien le pouvoir déchu a cultivé l’amnésie et le mensonge. Parce que personne ne leur en a jamais parlé, les jeunes d’aujourd’hui ignorent presque tout des mouvements sociaux connus par le pays depuis les années soixante-dix. Et il est de notre devoir de combler cette lacune.

Au-delà, cette date interpelle aussi notre compassion. C’est vrai en 2002, l’écrasante majorité des Tunisiens a dit sa solidarité à la communauté juive. Mais qu’on me permette aujourd’hui d’oser deux remarques. En premier lieu, après le tsunami meurtrier que vient de connaitre le Japon, seul le gouvernement a exprimé sa compassion. A mon avis, le peuple aussi devait le faire. Ne serait-ce que pour dire que nous sommes sortis de la mentalité d’assistés qui laissent le gouvernement se charger de tout, y compris de leur émotion.

Ensuite, nous aurions pu collectivement montrer notre compassion pour les réfugiés de Ras Jedir de diverses autres manières. Ainsi, par exemple, les enfants somaliens nés dans les camps auraient dû, à mon sens, obtenir la nationalité tunisienne. Au nom de l’hospitalité et d’une éthique plus généreuse. Ces enfants sont pour moi nés Tunisiens et, forts de notre nouvelle identité révolutionnaire, nous devrions les accueillir à bras ouverts. Ils le méritent autant que les footballeurs et autres bagatelles.

Indissociables, le devoir de mémoire, la compassion et la vigilance de chacun sont le socle de notre responsabilité individuelle longtemps écrasée par la seule raison d’Etat. Ce sont les expressions de ces petites vertus qui montreront que chacun a affectivement balayé devant sa porte. Sachons changer en profondeur, redevenons les acteurs de nos vies…

Dès lors, une pensée pour les innocentes victimes de la Ghriba ne peut que renforcer cette réconciliation avec nous-mêmes qui, plus que le verbiage politicien, est synonyme de promesse de lendemains qui chantent…

Les plus récents

En mai, les Nuits de Carthage à Montréal

par Hatem Bourial
1 mai 2026

Cannes

Cannes 2026 – Le Centre du Cinéma Arabe dévoile son programme au Marché du Film

par Neïla DRISS
1 mai 2026

Avion

Vers un grand retour du tourisme jeune en Tunisie : 51 opérateurs français à Djerba

par Hatem Bourial
1 mai 2026

minier

Cuivre, zinc et argent : Une exploration minière très prometteuse à Jendouba ?

par Khalil JELASSI
1 mai 2026

Les plus populaires

1Augmentations salariales avec effet rétroactif : L’annonce attendue à l’occasion du 1er Mai
2Tourisme en Tunisie : « 164 hôtels fermés » et une gouvernance en panne, alerte la Commission parlementaire
3Tunisie : Publication officielle des augmentations salariales dans les secteurs public et privé
4Tourisme des barrages : Une tendance qui inquiète en Tunisie ?
5Hausse des salaires : Du brut au net, ce que vous allez vraiment gagner
Facebook Twitter Youtube RSS
webdo

Votre journal électronique de Tunis. Suivez toute l’actualité en Tunisie en temps réel : politique, société, culture, économie et plus encore. Webdo, une source fiable et indépendante au cœur de l’info.
Webdo.tn est édité par la société YNJ SARL – RNE : 1209226C – Tunisie.

Plan du site

  • Accueil
  • National
  • Divers
  • Régions
  • Sport
  • Culture
  • Chroniques
  • International
Gérer mes cookies

Tags

Algérie ARP arrestation BCT chine Cinéma condamnation corruption Coupe du Monde Décès Etats-Unis Festival Festival de Cannes Film football france Gaza Grève guerre Huile d'olive Iran ISIE israël Italie justice Kais Saied Libye Ligue 1 mandat de dépôt météo Ons Jabeur Palestine Pluie Prison prix ramadan Santé Sfax tennis Tourisme Tunis Tunisie Tunisie Telecom UE UGTT

© 2026 Webdo.tn Tous droits réservés. Réalisé par iTrend

Logo Webdo
No Result
View All Result
  • Accueil
  • National
  • Divers
  • regions
  • Sport
  • Culture
  • Chroniques
    • Everyday Tunisians
    • Edito
  • International

© 2026 Webdo.tn Tous droits réservés. Réalisé par iTrend