Affaire Namaa : Jebali et Daâdaâ maintenus en liberté

L’Affaire Namaa Tounes continue de susciter la polémique. A ce titre, les deux anciens dirigeants d’Ennahdha, Hamadi Jebali et Adel Daâdaâ ont été maintenus en état de liberté.

La Chambre d’accusation, spécialisée dans les affaires terroristes, auprès de la Cour d’appel de Tunis a, en effet, rejeté l’appel du Parquet contre la décision du juge d’instruction du Pôle judiciaire antiterroriste de maintenir certains accusés en état de liberté.

Cet appel a été rejeté pour vice de forme, rapporte la radio Mosaique fm. Ainsi, l’ancien chef du gouvernement Hamadi Jebali, Adel Daâdaâ et d’autres accusés sont concernés par cette décision.

Hamadi Jebali avait été remis en liberté le 27 juin dernier après avoir été arrêté à Sousse le 23 juin dans le cadre de cette affaire de blanchiment d’argent.

Selon l’avocat Samir Dilou, il n’aurait aucun lien avec l’Association « Namaa » ni avec cette affaire, et aurait été placé en garde à vue en raison de l’implication de son gendre dans cette affaire.

Il doit être auditionné le 20 juillet prochain toujours dans le cadre de cette affaire. Dans cette affaire, la liste des suspects interpellés comprend notamment Hassen Meddeb, Omar Belkhiria, Adel Daâdaâ, et Hamadi Jebali, Mohamed Khochlaf, Abdelkarim Slimane, Mouadh Ghannouchi et le gendre de Hamadi Jebali.

Rached Ghannouchi devant la justice en tant qu’accusé

Convoqué par le juge d’instruction du Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme, le président du parti Ennahdha, Rached Ghannouchi va comparaître, le 19 juillet prochain en tant qu’accusé dans cette affaire.

Le cas Ghannouchi a été abordé, le 11 juillet par le président du Front de salut national, Ahmed Nejib Chebbi, qui a indiqué, dans une conférence de presse, s’être entretenu récemment avec Rached Ghannouchi.

Selon lui, Rached Ghannouchi, qui nie tout lien avec l’association Nama Tounes ou l’affaire Instalingo, s’attend à être arrêté. « Je suis né sur cette terre et j’y mourrai, et d’après les éléments préliminaires, il semble que je vais être arrêté », a indiqué Ahmed Nejib Chebbi, rapportant les propos de Rached Ghannouchi.

Dans le même ordre d’idées, Samir Dilou, a annoncé, aujourd’hui, lors de la même conférence de presse, que des décisions vont être prises dans les prochains jours contre des personnalités de premier rang.

Des décisions en rapport avec ces deux affaires auxquelles il faut ajouter celle de l’appareil secret d’Ennahdha, celle de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, etc.

Toujours selon Samir Dilou, Rached Ghannouchi et Hamadi Jebali, sont en tête de la liste de personnalités dans le collimateur de la justice.

Gel d’avoirs

Rappelons que conformément à une décision de justice, les comptes bancaires et les avoirs de plusieurs personnes accusées dans l’affaire relative à l’association caritative Namaa Tounes, ont été gelés.

La liste publiée par la Commission tunisienne des analyses financières (Ctaf) évoque notamment le président du Mouvement Ennahdha Rached Ghannouchi, son fils Mouadh, sa fille Soumaya Ghannouchi et son gendre Rafik Abdessalem, l’ancien chef du gouvernement Hamadi Jebali, ses deux filles et son épouse, en plus d’autres personnes.

Rappelons également que 33 personnes dont Rached Ghannouchi ont été officiellement accusés dans cette affaire, d’appartenance à une organisation terroriste.

L’affaire Namaa Tounes

Comment a débuté l’affaire Namaa Tounes ?

Le ministère de l’Intérieur a repéré des opérations financières louches de la part d’activistes au sein de l’association « Namaa », ainsi qu’un important flux d’argent au profit de cette association qui ne correspond pas à la nature de ses activités telles que déclarées, cela en plus de soupçons de blanchiment d’argent.

Dans un premier temps, trois personnes ont été arrêtées et des ordinateurs, du matériel électronique et des relevés bancaires ont été de même saisis.

Par la suite, plusieurs personnalités ont été inscrites sur la liste des recherchés alors qu’un ancien responsable politique et l’un des fondateurs d’un parti politique est en garde à vue, assurant que cette garde à vue a été effectuée sur la base d’un ordre judiciaire et selon les procédures d’usage.

Ce responsable est l’objet de poursuites judiciaires, ainsi que son gendre qui a montré des signes d’enrichissement abject et où les investigations ont montré de sérieux signes de blanchiment d’argent, cette personne étant actuellement en fuite.

Le ministère public a ordonné, selon la porte-parole du ministère de l’Intérieur, de mettre en garde à vue toute personne suspectée de ces faits avérés.

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