Marcus Cornaro : « L’UE pleinement déterminée à soutenir la Tunisie sur tous les plans »

Marcus Cornaro , ambassadeur de l’UE en Tunisie

Dans une interview accordée, aujourd’hui, à l’agence TAP, l’Ambassadeur de l’Union européenne (UE) en Tunisie, Marcus Cornaro, a évoqué plusieurs questions relatives au soutien de l’UE à la Tunisie, des perspectives d’accompagnement du gouvernement dans les réformes à apporter, sur le plan économique essentiellement, et des investissements européens à développer chez nous, en plus d’autres volets de la coopération Tunisie-UE.

M. Marcus a rappelé la visite du Commissaire européen, Oliver Varhelyi où il était porteur d’un message d’engagement de l’Europe envers le pays, sur des perspectives de long terme, entre autres l’enveloppe proposée de 4 milliards d’euros pour les six ans à venir (d’ici à 2027), qui vise à appuyer la vision du gouvernement pour cette transition, à soutenir le secteur privé, sans oublier la contribution au relèvement des différents défis sociaux qui se présentent au pays.

Cette visite, comme celle des membres du Parlement Européen expriment, selon lui, la détermination de l’UE à être pleinement engagée dans le soutien de la Tunisie, a ajouté M. Marcus, précisant que la gamme de programmes, projets et outils mis à la disposition de la Tunisie par l’UE, témoigne également, de la volonté de l’UE d’être présente aux côtés des partenaires tunisiens dans les domaines où il y a le plus de valeur ajoutée.

Cela mis à part les soutiens directs et les aides d’urgence en cours pour 2022, alors que l’UE procure aussi de l’aide sur le plan politique et de gouvernance, pour favoriser la mise en œuvre des réformes nécessaires et appuyer l’investissement productif.

D’autre part, durant la crise du covid-19, le soutien européen à la Tunisie a été sans faille, et ce, à travers le programme d’assistance macro-financière, dont 300 millions d’euros ont déjà été décaissés. Cette assistance macro-financière s’ajoute aux appuis budgétaires sous forme de dons pour des programmes d’appui aux réformes sectorielles, à la fourniture d’équipements et de matériel de santé et au financement global du mécanisme de vaccination.

La Tunisie bénéficiera également, d’un financement ad-hoc de 20 millions d’euros, dans le cadre de l’initiative européenne « facilité alimentaire et résilience », visant à faire face à la hausse des prix des denrées alimentaires et des produits de base, suite à la guerre de la Russie contre l’Ukraine, a déclaré l’ambassadeur de l’UE.

Sur le plan des investissements européens en Tunisie, M. Marcus Cornaro a rappelé que plus de 3000 entreprises européennes sont installées en Tunisie, générant quelque 350.000 emplois directs, et que l’investissement européen couvre 85% des IDE, alors qu’il n’y a même pas d’accord bilatéral entre l’UE et la Tunisie sur l’investissement.

Cependant, pour M. Marcus, l’UE, les états membres et les chambres de commerce mixtes ont établi une liste des réformes attendues par les investisseurs européens en Tunisie, pour renforcer l’attractivité du pays en termes d’investissement. Ces réformes sont groupées autour de sept volets :

– La mise en place des instruments d’accompagnement efficaces de suivi des investisseurs présents et prospects.

– La réforme du cadre réglementaire de l’investissement, en consacrant la liberté d’entreprendre et en levant autant que possible, les restrictions qui ne correspondent pas à un objectif de politique publique. Par exemple, de la participation au capital pour les investisseurs étrangers, de la réduction des activités sujettes à autorisation préalable, ou encore des Partenariats Publics Privés.

– La fluidification des services bancaires et la réforme de la réglementation de change.

– La digitalisation des procédures administratives, en assurant l’interopérabilité et en évitant les doublons.

– La mise en place d’un cadre fiscal et de protection sociale prévisible, équitable, à travers un système équilibré entre incitations et contrôle.

– Le développement d’une culture de dialogue au sein des entreprises, afin d’éviter les blocages et d’améliorer les conditions de travail.

– Enfin, faciliter les échanges commerciaux, notamment en numérisant les procédures douanières, en assurant la surveillance des marchés de façon proportionnelle et efficace, en améliorant la logistique et en évitant les augmentations de droits de douane qui pèsent sur les échanges commerciaux et les chaînes de valeur.

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