Affaire Bouderbala – Kilani : L’Ordre des avocats dénonce…

L’Ordre national des avocats a dénoncé, dans un communiqué publié dans la soirée de vendredi 4 mars, les « dépassements commis par certains avocats qui ont fait irruption au bureau du bâtonnier Brahim Bouderbala et crié des slogans contre lui et contre les structures de la profession ».

L’Ordre des avocats considère qu’il s’agit d’un « précédent dangereux contraire à l’éthique professionnelle » et estime que « ces pratiques légitiment les manquements à l’honneur de la profession et enfreignent les statuts et le règlement intérieur du métier ».

Par ailleurs, il a réitéré son refus du recours à l’émission d’un mandat de dépôt contre l’ancien bâtonnier des avocats Abderrazzek Kilani (qui comparaît devant la justice militaire), appelant à sa libération.

Rappelant les constantes de la profession d’avocat, l’Ordre des avocats dit se « tenir à égale distance de toutes les parties politiques et à l’écart des tiraillements et des querelles politiques ».

Le batônnier des avocats, Ibrahim Bouderbala, s’était exprimé sur l’affaire d’emprisonnement de son collègue Abderrazek Kilani, rappelant s’être engagé à ne pas laisser la profession d’avocat être employée au profit ou contre les partis politiques.

« J’ai toujours été au premier rang pour défendre tous les collègues lorsqu’ils rencontraient des problèmes dans l’exercice de leur profession. Mais quiconque veut travailler dans la politique, et c’est son droit, doit assumer sa responsabilité, et cela ne se fera pas au détriment de la profession d’avocat », a-t-il déclaré, hier.

« Ne venez pas demander de l’aide après avoir fait de la politique. Vous avez un objectif politique que vous aimeriez atteindre. Vous devez avoir suffisamment de courage », a-t-il ajouté en référence à Kilani.

Le bâtonnier des avocats a fait l’objet de diverses attaques sur les réseaux sociaux, dans le contexte de ses récentes prises de position concernant la dissolution du Conseil supérieur de la magistrature.

Il a également fait l’objet de diverses critiques de la part de nombreux partis pour ne pas avoir exprimé d’opinion claire sur l’arrestation de l’ancien batônnier, Abderrazek Kilani et sa comparution devant le tribunal militaire.

Rappelons que le juge d’instruction près le Tribunal militaire de première instance de Tunis a émis, le 2 mars, un mandat de dépôt contre l’ancien bâtonnier des avocats, Abderrazek Kilani, membre du comité de défense du député Noureddine Bhiri.

Kilani est poursuivi pour des faits commis le 2 janvier devant l’Hôpital Menzel Bouzelfa, à Bizerte, où Bhiri était hospitalisé. Il est notamment accusé de « participation à un attroupement de nature à troubler l’ordre public », « de s’opposer à l’exécution d’une loi », « d’outrage à un fonctionnaire public » et « d’incitation des forces de sécurité à la rébellion ».

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