20 familles contrôlent l’économie tunisienne, selon « Le Point » !

La notion d’économie de rente fait son entrée dans le débat public tunisien. Elle désigne la collusion entre le pouvoir politique et un cartel de familles qui contrôle l’activité économique au détriment du progrès social qui a survécu à la révolution.

C’est exactement ce que souligne Benoit Delmas, correspondant du média français « Le Point ». Dans un article intitulé : « Tunisie, le cartel des banques », il alerte contre le fait que l’économie tunisienne est sous l’emprise de seulement 20 familles extrêmement riches.

Selon le journaliste, ces familles contrôlent notamment le système bancaire. Il cite notamment la famille Ben Yedder qui détient 61% des parts d’Amen Bank, ainsi que la famille Mabrouk qui détient 39% des parts de l’ATB.

L’article estime que le capitalisme tunisien est « un mélange d’hommes d’affaires audacieux et à hauts revenus qui s’efforcent d’endiguer toute forme de concurrence économique ».

Le journaliste explique que sous le règne d’Habib Bourguiba, une génération d’hommes d’affaires pionniers a émergé et ont œuvré à la construction de l’économie tunisienne, mais peu à peu les familles ont pu étendre leur influence et contrôler la scène.

Toujours selon Delmas, le modus opérandi de ces familles est de supprimer toute forme de concurrence au sein de différents domaines économiques ce qui tend à verrouiller davantage l’économie nationale.

En juillet 2019, l’ambassadeur de l’Union Européenne en Tunisie, Patrice Bergamini avait également évoqué l’influence négative exercée par certains groupes familiaux sur la transition de l’économie nationale. Des propos qui ne sont pas passés inaperçues.

Exposant les difficultés auxquelles fait face l’économie tunisienne, Bergamini avait estimé, rappelons-le, que « quand on parle de libre concurrence, loyale et transparente, c’est d’abord entre opérateurs tunisiens ».

« Si l’on doit aider la transition économique, la forcer, la pousser, c’est parce qu’il y a des positions d’entente, de monopoles. Certains groupes familiaux n’ont pas intérêt à ce que de jeunes opérateurs tunisiens s’expriment et percent », avait-il expliqué, soulignant le poids des certaines familles tunisiennes qui, selon ses dires, pourraient entraver le décollage économique.

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