Les nouvelles recommandations du FMI à la Tunisie pour réduire le déficit budgétaire

Le Fonds Monétaire International (FMI) a envoyé, vendredi 22 janvier 2021, à la Tunisie plusieurs recommandations afin de réduire le déficit budgétaire.

A l’issue d’une mission à distance menée, du 9 au 18 décembre 2020 et du 4 au 13 janvier 2021, par une équipe du FMI, dans le cadre de la consultation de 2020 au titre de l’article IV avec la Tunisie, le FMI estime que le déficit budgétaire s’est creusé en 2020, pour atteindre 11,5% du PIB, notamment en raison de la baisse des recettes, d’une masse salariale plus élevée et des transferts supplémentaires aux entreprises publiques.

Sauver des vies et assurer les moyens de subsistance

D’après, Chris Geiregat qui conduisait l’équipe de cette mission, le FMI et les autorités tunisiennes ont convenu que le pays est actuellement confronté au double défi de sauver des vies et d’assurer les moyens de subsistance pour la population, jusqu’au fléchissement de la pandémie du Covid-19.

Dans ce cadre, le FMI s’attend à ce que la croissance du PIB rebondisse à 3,8% en 2021, alors que les effets de la pandémie commencent à diminuer, mettant en garde contre les risques d’une baisse considérable autour de cette projection de base, compte tenu de l’incertitude quant à la durée et l’intensité de la pandémie et de la vaccination.

La Tunisie pourrait accuser
un déficit budgétaire de plus de 9% du PIB

La première recommandation consiste à prioriser les dépenses de santé et de protection sociale, tout en contrôlant la masse salariale, les subventions énergétiques mal ciblées et les transferts aux entreprises publiques, faute de quoi, le pays pourrait accuser un déficit budgétaire de plus de 9% du PIB.

Engager un plan de réforme « crédible »
pour réduire la dette publique

La deuxième recommandation consiste en la nécessité d’engager un plan de réforme « crédible » pour réduire la dette publique. Un plan, qui selon Chris Geiregat, doit bénéficier d’un large consensus, et soit de nature à couvrir la masse salariale de la fonction publique, « actuellement parmi les plus élevées au monde ».

Instaurer une équité fiscale
et lutter contre le secteur informel

« Ce pacte pourrait apporter une réponse au rôle des entreprises publiques dans l’économie, faciliter la mise en œuvre des réformes de lutte contre la corruption et d’amélioration du climat des affaires, instaurer une équité fiscale et lutter contre le secteur informel », souligne-t-il.

Classer les entreprises publiques
selon leur viabilité financière

Le FMI encourage, par ailleurs, la Tunisie, à adopter un plan de réforme à moyen terme qui permet de « classer les entreprises publiques selon leur viabilité financière, leur importance stratégique et la nature de leurs activités, outre à renforcer leur gouvernance et améliorer leur transparence ».

Eviter de recourir au financement interne

D’autre part, le FMI « exhorte le gouvernement à éviter de recourir au financement interne, car il risque d’annuler les gains réalisés en termes de réduction de l’inflation, d’affaiblir le taux de change et les réserves en devises internationales et miner la stabilité financière ».

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