2021 : l’Odyssée de l’espèce

Novembre 2019, un virus d’origine inconnu émerge des contrées lointaines d’Extrême-Orient. Un an… et près d’un million huit cent mille morts plus tard, de mystérieux monolithes apparaissent à divers endroits de la planète. Certains y voient le signe du Jugement denier, d’autres préfèrent la thèse du canular. Tandis que la Terre parachève son énième rotation autour du Soleil, l’humanité rend grâce au Seigneur, dans l’espoir d’un monde meilleur…

31 décembre 2021, il est 16h57 GMT ; une femelle rhinocéros de Sumatra vient de mettre bas en pleine jungle du Cambodge. Un panda géant observe la scène, l’air de rien, broyant du bambou à tout-va, un vrai quadrille de mâchoires. Des gouttes de pluies abreuvent le sol. On entend les singes, venus saluer le nouveau-né, celui qui perpétuera l’espèce. Dame-Nature s’exprime enfin, sans vrombissements, ni coups de fusil. Il n’y a que la vie…

Au Moyen-Orient, les guerres ont cessé. Il n’y a plus de juifs, plus de musulmans ; rien que des Hommes, faits de chair et de sang. La paix n’a jamais aussi bien porté son nom. Les prophètes en seraient fiers. Pour la première fois, nous voilà de la même religion, celle qui relie, non celle qui divise. Jérusalem est, à présent, le royaume des Cieux. Le silence est son hymne.

En Europe, les automobiles sont à l’arrêt. Les fumées noires des usines se sont dissipées. L’air est vif, si pur qu’on pourrait le boire. Ça sent le chêne, le sapin, la neige… Les monuments se dressent dans l’horizon lointain, tel des idoles d’une époque révolue que seuls les bêtes sauvages viennent encore visiter. D’un commun accord, les politiques se sont tus, laissant les choses au temps, l’unique entité apte à juger le devenir de chaque être. Trêve de palabres, d’empoignades, de sectarisme. Nous sommes tous égaux désormais.

Mais quel est cet étrange nuage qui flotte au-dessus de la Perse ? A-t-on déjà vu quelque chose de pareil, si beau et en même temps, si terrifiant… Serait-ce l’œuvre de cet androïde des forces armées US qui manifeste sa jactance à travers ce refrain : « Je suis le commencement, je suis la fin ». Ne sont-ce pas là les paroles du Créateur ? Probablement…

Cependant réjouissons-nous, car le coronavirus et ses variants ont disparu. Anéantis par la science ! Epidémie et maladie ne sont plus que les tares d’un passé trouble.

Nous sommes le 31 décembre 2021 et les gens ne toussent plus. Ils n’ont plus peur. Ils sont libres. Leurs corps à même le sol, inertes, mais libres…

Mohamed Habib LADJIMI
Tunis-Hebdo du 04/01/2021

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