Ennahdha : La fronde des « démocrates » contre leur président « autocrate » ?

Les déclaration de Hatem Boulabiar, membre du conseil de la Choura du mouvement Ennahdha, hier sur les ondes de RTCI, ne sont pas passées inaperçues. Elle ont provoqué un véritable tsunami poussant plusieurs personnalités d’Ennahdha à réagir afin de calmer la tempête.

Hatem Boulabiar n’y est pas allé de main morte, déballant tout ce qu’il avait sur le cœur à commencer par ce fameux 14 juillet 2019 lorsque le président d’Ennahdha, Rached Ghannouchi a imposé Tarek Dhiab en tant que candidat sur la circonscription de Tunis, selon ses dires.

Hatem Boulabiar a parlé de « carnage », révélant que les membres qui ont été élus démocratiquement au sein du conseil de la Choura ont été évincés par Rached Ghannouchi, selon lui.

Des personnalités élues démocratiquement lors des primaires du parti ont été évincées pour être remplacées par d’autres personnalités après un forcing orchestré par le président du mouvement islamiste.

Khemiri dément

En réaction, le porte-parole officiel d’Ennahdha, Imed Khemiri, intervient, non pas pour démentir Hatem Boulabiar mais pour s’exprimer sur une autre « affaire ».

« Ce qui est en train de se produire au sein d’Ennahdha tient à des divergences qui ne peuvent en aucun cas assimilées à des dissensions », a déclaré Imed Khemiri, hier, évoquant plutôt le cas Abdellatif Mekki.

« Le chef du parti, Rached Ghannouchi, n’a reçu aucune lettre du dirigeant Abdellatif Mekki protestant contre sa désignation à son insu comme tête de liste d’Ennahdha dans la circonscription électorale du Kef, en remplacement de Hassine Jendoubi ». Le porte-parole met ainsi en doute la véracité et le contenu de la missive en question, qui circule au nom d’Abdellatif Mekki.

Jelassi refuse Nabeul

Abdelhamid Jelassi, membre du Conseil de la Choura, intervient de son côté en insistant sur l’esprit démocratique d’Ennahdha.

« Les tensions au sein d’Ennahdha ne datent pas d’hier. Mais bien avant son 10e congrès », a-t-il déclaré pour évoquer les tensions actuelles au sein du mouvement Ennahdha tout en insistant sur la démocratie au sein du parti.

« J’ai présenté ma candidature pour être tête de liste de Tunis 2. Mais, on m’a proposé que je sois tête de liste de Nabeul, ce que j’ai refusé », a-t-il lancé tout en estimant que les solutions seront trouvées.

Ben Salem écarté

Mohamed Ben Salem a été plus expressif en se déclarant « victime » d’une exclusion orchestrée. Dans une déclaration accordée à Al Jazeera.net, hier, il a exprimé son refus des changements effectués par le bureau exécutif concernant certains candidats pour les législatives.

Il s’est, pour sa part, insurgé contre son exclusion alors qu’il avait été élu tête de liste de Zaghouan lors des primaires et se retrouve, aujourd’hui, en 3ème place.

« Il s’agit d’une exclusion orchestrée, contraire aux choix des électeurs », a-t-il dit. « Je ne veux accuser ni le mouvement, ni son président, sauf que je ne peux être fier d’élections internes démocratiques dont les résultats sont rejetés », a-t-il également lancé.

Mohamed Ben Salem s’est également insurgé contre l’exclusion de 17 femmes. Tout comme Abdellatif Mekki et Abdelhamid Jelassi qui ont condamné les agissements de Rached Ghannouchi et son interventionnisme dans les listes pour les législatives, Ben Salem n’a pas caché sa dissidence.

Une fronde qui semble faire des émules au fil des jours malgré les efforts d’Imed Khemiri à vouloir calmer les ardeurs en affirmant qu’il n’y a point de dissensions.

Ghannouchi candidat

Pour sucrer le tout, le président du mouvement aurait décidé de viser un siège à l’Assemblée des représentants du peuple, sésame indispensable pour briguer la présidence du parlement.

Selon Ali Laarayedh, il est fort probable que Rached Ghannouchi se présente aux élections législatives en tant que tête de liste pour la circonscription Tunis 1.

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