Les Daechiens retournent au bercail !

Quatre terroristes viennent d’être traduits devant le Pôle judiciaire de lutte contre le terrorisme qui a émis à leur encontre un mandat de dépôt. Ces terroristes, qui faisaient l’objet d’un mandat de recherche pour plusieurs opérations terroristes commises en Tunisie, ont été remis aux autorités tunisiennes par l’un des pays de zones de combat et sont qualifiés de très dangereux.

Ils seront bientôt traduits devant la justice pour écoper les peines nécessitées par les crimes dont ils sont les auteurs. Ce fait pose, maintenant, et avec beaucoup d’acuité, la question du retour des terroristes sur le territoire tunisien surtout que l’étau se resserre autour de Daech en Syrie où ils ne formeraient plus qu’une petite poche qui sera vraisemblablement anéantie dans un très proche avenir.

Cependant, si ce retour est voulu et même encouragé par plusieurs parties internationales (des Etats et des «ONG»), il se présente, néanmoins, dans un contexte où il n’est pas souhaité actuellement ni par le gouvernement ni par ses alliés surtout.

D’un côté, le gouvernement ne semble pas disposé à le faire, le ministre des Affaires étrangères ayant récemment souligné que le retour de ces terroristes en Tunisie « n’est pas d’actualité », que nous « n’avons pas l’intention de récupérer ces prisonniers », avant d’affirmer que ce sont des Tunisiens, et qu’il existe une constitution et des lois. Ceci signifie que la Tunisie ne peut échapper à assumer la responsabilité de ses propres ressortissants et qu’elle ne peut pas les renier éternellement.

Mais, il reconnaît implicitement que nous ne disposons d’aucune stratégie globale d’accueil de ces terroristes.En fait, il s’agit d’avoir une politique publique claire qui revêt divers aspects. Il s’agit d’abord de procéder à un véritable travail de précision avec les autorités qui les détiennent pour confirmer ou infirmer leur nationalité. Ensuite, il convient de les interroger, puis de les traduire devant la justice pour être jugés conformément à la loi antiterroriste qui punit, aussi, les actes terroristes commis à l’étranger.

Enfin, il s’agit pour ceux qui seront jugés d’être emprisonnés en fonction de normes spéciales afin qu’ils puissent faire l’objet d’une prise en charge spécifique et multiforme pour tenter de les « dé-radicaliser », tout comme les femmes et les enfants qui seraient rapatriés. Or, ces structures ou ces moyens n’ont été ni étudiés ni mis en place, alors que la situation urge.

D’un autre côté, le retour des terroristes peut constituer en cette année électorale un sujet que les alliés du gouvernement, les Islamistes, souhaitent éviter au maximum dans la mesure où leur position est aux antipodes de celle de la majorité des Tunisiens qui prônent le refus de les accueillir.

En fait, ce retour des terroristes serait dangereux pour eux dans la mesure où les interrogatoires menés pourraient permettre la découverte, la confirmation ou l’infirmation de plusieurs soupçons, concernant notamment les réseaux d’envoi des terroristes dans les zones de conflit, les assassinats de Chokri Belaid et Mohamed Brahmi, et bien d’autres questions relatives aux manifestations de violence à caractère religieux qui se sont abattues sur notre pays depuis 2011, leurs auteurs et leurs complices.

Or, un tel sujet peut « déranger » les Islamistes et probablement le nouveau parti de Y.C qui ne repousse pas l’idée d’une alliance stratégique avec eux dans le futur. C’est pourquoi nous pensons que ce sujet sera certainement reporté pour les prochaines années, une façon d’éviter donc un problème qui fâche. Des raisons purement électoralistes alors que ces questions constituent des bombes à retardement qui minent la démocratisation réelle du pays et de ses mœurs politiques et sociales.

Lotfi LARGUET
Tunis-Hebdo du 18/02/2019

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