Octobre musical : Voix angéliques et œuvres sacrées

Quoi de plus idéal qu’une église pour écouter un répertoire sacré ? Et quoi de plus subtil qu’un « Magnificat », un « Te deum » ou un « Stabat Mater » pour éveiller le spirituel en nous ?

L’Acropolium de Carthage a accueilli lundi soir l’Ensemble vocal baroque du Conservatoire royal de Gand en Belgique.

Pour l’essentiel consacré aux œuvres sacrées de Domenico Scarlatti, le récital a également permis de découvrir des compositions de Giovanni Felipe Sances et Chiara Margarita Cozzolani, deux autres musiciens du dix-septième siècle.

L’ensemble dirigé par Florian Heyerick comprenait une dizaine de choristes qui ont chanté aussi bien à voix seule que tous de concert.

Selon les oeuvres, les voix fusaient, se répondaient, austères ou triomphantes, audacieuses dans la polyphonie ou méditatives.

Alternant les tempos et les sonorités, les membres de l’ensemble invité ont chanté à dix voix en donnant toute sa vigueur à l’écriture liturgique de Scarlatti, un compositeur bien plus connu pour ses sonates.

En cinq séquences, recueillies et ferventes, l’ensemble vocal explorait un univers des limbes d’où jaillissaient des accents angéliques et les lumières du Paradis.

L’élévation était au rendez-vous d’une harmonie vocale exceptionnelle. Le choeur se dédoublait, les voix se singularisaient ou se fondaient dans l’extrême douceur du chant.

A voix nue, dix choristes étaient en quête de grâce, à la recherche de cette volupté édénique qui naît de la rencontre du clavecin et des modulations vocales.

Pur, profond et émouvant, le chant baroque atteignait cette dimension sacrée puis instillait cette étincelle divine dans un auditoire littéralement subjugué.

A vrai dire, on pouvait ressentir les vibrations secrètes de l’ancienne cathédrale qui revivait au son des voix séraphines.

Car, ce soir, alors que les vocalises emplissaient l’espace, l’Acropolium redevenait subrepticement une chapelle ardente qui se souvenait des oratorios, des musiciens d’église et des maîtres du chant sacré.

Puissance évocatrice d’une musique des siècles antérieurs et parfaite interprétation d’un chœur nimbé du mystère originel s’alliaient pour accoucher d’instants mémorables et d’alchimies secrètes.

C’est un lieu commun de le souligner mais les absents avaient tort car, conviés au banquet des anges, ils se seront privés de goûter aux plus exquises des nourritures spirituelles.

Et c’est tout dire !

(Crédit photos : Hatem Bourial)

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