Chroniques des années de cendre : Des drones et des devises

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Alors que dans d’autres pays, les drones sont devenus des jouets pour enfants, nous, en Tunisie, continuons à les interdire, par mesure de sécurité.

Parce que chez nous, la sécurité passe avant tout et quand le ministère de l’intérieur dit non, c’est niet, telle une décision du haut Soviet.

Peu importe que le monde évolue, que la technologie se banalise, que la recherche scientifique devienne une cause nationale, chez nous, un soupçon de danger sécuritaire éprouvé par un administratif est capable d’arrêter la marche du temps.

Ce fut le cas avec tout matériel que nos « sécuritaires » ne voient pas du bon œil, quitte à priver les tunisiens d’être à la page coté progrès technologique et scientifique.

Ce même modèle d’autarcie est repris dans la réglementation de change. Pas de PayPal, pas de comptes libres en devises, pas de Moneygram ni western union au départ de la Tunisie. Tout doit passer par le fin filtre d’une banque centrale d’une autre époque. À force de vouloir surveiller les tunisiens soupçonnés de vouloir tout transférer à l’étranger, nous avons mis le pays dans une bulle tout en laissant plus de 20000 sociétés off shore faire des virements dans tous les sens. Telle la citation de notre éminent ex ministre de l’intérieur : nous les avons attendu devant, il sont venus par derrière.

Nous oublions toutefois que le monde est devenu un petit village et que pour intégrer l’évolution mondiale, il faut s’ouvrir et faire confiance aux gens et aux systèmes.

Entre-temps, continuons à survivre avec des dattes et de l’huile d’olive tant que ça ne fait pas peur. Pour la valeur ajoutée et l’intégration économique mondiale, c’est pas assez grave tant qu’on est en bonne santé.

 

Anis Wahabi

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