Classement des salaires dans le monde arabe : la Tunisie encore mal placée

Tribune | Par Wael Mejrissi

Le classement des salaires dans le monde arabe est tombé et il ne fait pas plaisir à voir. Nous sommes clairement dans le bas de tableau juste au dessus de l’Egypte et de la Syrie.

Décidément, chaque nouvelle statistique met en évidence un peu plus la faiblesse de notre économie. Que celle-ci se dégrade via les agrégats économiques connus comme la balance commerciale, le taux de chômage ou l’indice des prix à la consommation, va encore !

Mais découvrir que le salaire moyen du Tunisien est inférieur à celui de l’Algérien, de l’Irakien et même du Palestinien donne pour le moins à réfléchir sur la viabilité de notre modèle économique.

La présence d’hydrocarbures dans des pays comme l’Algérie ou l’Irak n’explique pas tout loin de là. La Palestine ou le Maroc par exemple ne disposent pas de ressources pétrolifères significatives et pourtant nous supplantent très largement avec 404 dollars pour le Maroc et presque 700 dollars pour la Palestine là ou nous, nous peinons à atteindre les 300 dollars, 285 dollars exactement.

Un résultat calamiteux quand on sait que nous avons des réserves de phosphates considérables, un potentiel touristique incontestable et un sol très fertile.

Tous ses atouts sont dilapidés à pertes et profits alors que si nous étions bons gestionnaires, avec une éthique et une rigueur dans l’aménagement de ces richesses, le niveau des salaires en Tunisie ne souffrirait pas de lacunes aussi manifestes.

A se demander s’il y a vraiment quelque chose qui fonctionne correctement en Tunisie à part la corruption et les grèves. On peut toujours se bercer d’illusions avec l’idée qu’un pays met du temps à se stabiliser après une Révolution.

Mais la réalité est que notre nation n’a pas encore pris la mesure de son funeste destin qui n’est autre que de s’enfoncer dans la médiocrité économique et sociale en raison de son appétence pour la fraude et le clientélisme sans se soucier du préjudice qu’il cause à son propre pays et aux générations futures par de telles pratiques.

Pas besoin d’être Keynes ou Smith pour comprendre que les salaires ne peuvent pas progresser avec une productivité inexistante, une gestion désastreuse de l’argent public et une monnaie qui perd chaque jour un peu plus de terrain sur le marché des devises.

Autant d’éléments qui devraient inciter chacun d’entre nous à prendre sa part de responsabilité dans cet immense chantier qu’est le redressement économique et moral de tout un pays.

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