La Tunisie, une « fabrique de traumatisés », selon Libération

A chaque événement, protestation, attentat ou soucis rencontré chez nous, les médias français se déchaînent. Les plus grands journaux de France se permettent, à chaque occasion, de critiquer durement et sévèrement un pays qui cherche toujours à retrouver son nord ; de donner des leçons et de qualifier les Tunisiens des pires adjectifs.

Après Le Figaro, et son fameux « La Tunisie, ce vivier du terrorisme mondial » ; après Libération et son culotté « C’est fini la Tunisie, c’est fini le tourisme« , Libération remet ça !

« La Tunisie est une fabrique de traumatisés« , c’est ce titre qu’on a donné à cette tribune écrite par Ramsès Kefi, journaliste à Libération.

[pull_quote_center] »Quel genre de bourbier est-ce ? Celui dans lequel des étudiants se défoncent aux médicaments réservés aux malades mentaux, des diplômés au chômage se reconvertissent en vendeur de mandarines, et des montagnards implorent Dieu de les libérer des cailloux. A cela, l’Etat répond par l’austérité.

Défaite. Avant d’être un exportateur de jihadistes, la Tunisie est une fabrique de traumatisés. Le système de Ben Ali a grignoté les cerveaux, il reposait sur des bases schizophréniques. Etat flic : le coup de matraque était possible à tout moment, et un chèque en bois pouvait valoir un long voyage en cabane. Etat voyou : le taulier lui-même arnaquait au vu et au su de tous », a-t-on écrit.[/pull_quote_center]

Cette tribune indique que sept ans après la révolution, l’Etat tunisien revient aux anciennes pratiques et « menace des foyers fauchés ».

[pull_quote_center] »Ces derniers paieraient donc pour les âneries d’antan, dont ils furent les premières victimes, tout cela en revoyant des trombines de l’ancien régime revenir aux affaires. »

« Quelques mandats arrivent de l’étranger, et des jeux de paris en ligne font baver les moins lucides, qui s’endettent pour miser en vain sur des matchs singapouriens à forte cote. Les conversions de monnaie alimentent les rêveries quotidiennes à propos d’exil – la France, l’Italie, l’Allemagne. Mais ça se mord toujours la queue : il faut des ronds pour s’en aller », a-t-on encore écrit.[/pull_quote_center]

On se demande sur les raisons de cette hostilité des médias français à l’encontre de la Tunisie. Un acharnement démesuré qu’on n’a certainement pas vu lors des manifestations qui ont secoué le Maroc, par exemple, durant des mois et continuent de le faire.

Un bouillonnement qu’on n’a pas entendu face à la dictature qui se propage de nouveau en Egypte, et une furie quasi-absente quant à la guerre qui déchire la Libye. Une frénésie dirigée directement contre un pays qui représente, malgré tout ce qu’on dit, une exception dans la région.

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