Yassine Ayari, le visage de l’échec politique tunisien

Son élection dimanche 17 décembre 2017 en tant que député à L’ARP, après avoir remporté les élections législatives partielles en Allemagne a pris au dépourvu toute la classe politique tunisienne, obligeant certains à réviser même jusqu’aux « alliances sacrées ».

Tête de la liste Amal, prétendument indépendante, franchement soutenue par Moncef Marzouki président du mouvement Harak Tounes, officieusement candidat du parti Ennahdha, blogueur, activiste d’extrémiste, islamiste ou pro daeshien… Qui est Yassine Ayari ?

Désormais député pour la circonscription Allemagne, élu avec un record, tristement médiocre de 263 voix pour 75.000 votants potentiels, Yassine Ayari, est aujourd’hui le visage de l’échec politique tunisien, mais il a aussi d’autres faces cachées.

Blogueur et activiste depuis 2011, le député a surtout brillé par des effets d’annonces souvent mensongères. De blogueur révolutionnaire, il vire rapidement vers un extrémisme islamiste, affiché courageusement depuis sa résidence parisienne, en arrivant jusqu’à appeler au jihad en Tunisie en 2013.

La même année on le voit sur une photo, qu’il ne cache pas, portant le drapeau noir de Daesh devant la grande Mosquée de Paris. Pour se justifier, le blogueur a pris la parole sur sa page facebook, en employant cette expression chère à la littérature politique du Harak et des islamistes.

« Celui à qui ça ne plait pas, pourra éventuellement aller boire de l’eau de mer ». Il a ajouté : « Je n’ai pas à me justifier en tant que blogueur, et aujourd’hui je vais essayer de m’adapter à ma nouvelle situation de porte-voix du peuple qui m’a élu (263 tunisiens) ».

Il a néanmoins affirmé que ce n’est pas le drapeau de Daesh qui il a défendu mais la sainte écriture inscrite sur le drapeau noir, évocation d’Allah et son prophète. « C’était en réaction à l’atteinte portée par le mouvement Femen au drapeau, atteinte qui a ému tout le monde arabe et tout musulman » ajoute le député.

Le député qui n’en est pas à son seul fait d’éclat n’a jamais caché son « engagement » pour la cause « jihadiste ». Aprés la mort d’Oussama Ben Laden, ex-chef d’Al Qaïda, il a été le premier à le glorifier. Idem pour l’ex-président Morsi, éminent Frère musulman.

Yassine Ayari a par ailleurs plusieurs fois menacé des magistrats, les journalistes, appelé à la mort des « Rcdistes », ce qui lui a valu des procès en diffamation et incitation à la haine. Il a été condamné à 6 mois de prison ferme en 2014. Il a d’autres affaires en cours d’instruction dont une pour « atteinte à l’honneur de l’armée ».

Le vote sanction des Tunisiens d’Allemagne n’aura pas fini de donner des leçons amères à la classe dirigeante tunisienne. En intégrant L’ARP, Yassine Ayari le leur rappellera, de vive voix, à chaque occasion.

ADD

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