Tunisie : Journée de colère des médecins

Photo d’archives

Ce jeudi 23 mars 2017 sera la journée de colère des médecins. Une décision prise par la confédération générale de la santé. Cette décision prend racine dans la condamnation par le tribunal de première instance de Gabès de Slim Hamrouni médecin anesthésiste à un an de prison ferme, et de son assistant Salah Abdelaoui à six mois.

Pour rappel, le juge d’instruction de Gabès avait ordonné vendredi 3 février, l’arrestation du médecin sur fond du décès d’un patient, suite à une erreur de groupe sanguin lors d’une transfusion.

Slim Hamrouni a été victime à deux reprises, d’un accident vasculaire cérébral à l’issue de son incarcération. Des vagues protestataires du secteur sanitaire ont suivi après l’arrestation du médecin jusqu’à cette journée de colère des médecins.

Par conséquent, les activités sont suspendues depuis 7 heures du matin dans tous les hôpitaux de tout le territoire de la République. Il a également été décidé de porter la blouse et de se rassembler en masse devant le ministère de la Santé. Les médecins se rassembleront également devant les directions régionales de la santé dans les différents gouvernorats.

Ce mouvement de protestation, a pour but de revendiquer la création de mécanismes transitoires pour mettre fin aux arrestations des professionnels de la santé.

D’un autre côté, le ministère de la Santé publique a présenté hier au chef du gouvernement un projet de loi comme mesure d’urgence à appliquer concernant les sanction pénales et surtout les conditions de détention des professionnels de la santé.

A ce propos, le secrétaire général de l’Union des Médecins Spécialistes Libéraux (UMSL), Faouzi Charfi avait déclaré mi-mars que le collectif appelle à la libération « immédiate » et « inconditionnelle » des deux personnes arrêtées et au lancement d’une initiative législative pour éviter la détention préventive des professionnels de la santé en attendant la publication de la loi portant sur la responsabilité médicale.

Début mars, Mounir Youssef Makni, porte-parole officiel de la coordination des structures médicales composée du conseil national de l’ordre des médecins, du conseil national de l’ordre des médecins dentistes et du syndicat tunisien des médecins libéraux, avait de son côté indiqué que les protestataires, poursuivront leurs revendications jusqu’à la promulgation de la loi relative à la responsabilité médicale et aux droits des patients.

Les médecins revendiquent depuis des semaines le refus d’être sous l’emprise des sanctions pénales dans l’exercice médical. Il revendique aussi de lutter contre le vide juridique et législative par la révision de Loi n° 82-26 du 17 mars 1982, portant sur l’organisation du prélèvement du sang humain destiné à la transfusion et de quelques articles qui les concernent du code de procédure pénal.

SC

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