La Présidence de la République agacée d’avoir été seulement informée de la rencontre entre Marzouk et Hafter

Le président de la République, Béji Caïd Essebsi et le secrétaire général du parti (MPT), Mohsen Marzouk
Le président de la République, Béji Caïd Essebsi et le secrétaire général du parti (MPT), Mohsen Marzouk

Il semble que la Présidence de la République commence à s’agacer des différentes initiatives de certains partis tunisiens et de leurs interventions dans le dossier libyen, et dans la tentative de trouver une issue au conflit de notre voisin du sud.

Après le leader islamiste Rached Ghannouchi qui a développé ce qu’il a appelé, trop présomptueusement, une diplomatie populaire pour se démarquer de la diplomatie officielle menée par les institutions officielles compétentes, la Présidence de la République et le ministère des Affaires étrangères, et qui lui a valu aussi un démenti présidentiel dans l’interview de Béji Caid Essebsi lequel avait assuré que Ghannouchi agissait de son propre chef comme peut le faire n’importe quel parti politique ; voilà que Mohsen Marzouk emprunte le même chemin en se déplaçant à Benghazi où il vient de rencontrer le Maréchal Khelifa Hafter.

Ce qui a surtout agacé, a priori, la Présidence de la République qui a, pour la première fois publié un communiqué officiel sur la question sur son site facebook officiel, dans lequel elle signifie qu’elle a été informée seulement de cette rencontre depuis Benghazi, et qu’elle n’a jamais coordonné cette rencontre avec le chef de « Machrou Tounès ».

En fait, cet agacement est logique dans la mesure où il peut introduire une sorte de flou qui pourrait entourer cette délicate opération et la multiplicité des intervenants risquerait de la parasiter voire de faire capoter l’initiative présidentielle.

C’est pour cela que la Présidence a démenti d’abord la moindre coordination entre elle et M. Mohsen Marzouk avant d’appeler ces « intervenants » à coordonner leurs éventuelles contributions à cette opération de résolution de la crise libyenne avec les instances officielles avant de préciser que la seule partie officielle chargée de la consécration de la politique étrangère est le Ministère des affaires étrangères.

Par ailleurs, la Présidence de la république a souligné aussi qu’elle était prête à accueillir le Maréchal Khelifa Hafter à Tunis comme l’avait indiqué le ministre des affaires étrangères lors de la conférence de presse du lundi 20 février à la suite de la réunion tripartite au sommet des pays voisins de la Libye, la Tunisie, l’Algérie et l’Egypte. Sur ce plan, il semble que le Maréchal Hafter est attendu à Tunis dans les prochains jours, quelques semaines après sa visite au Caire.

Quant à Mohsen Marzouk, qui était accompagné du chef du bloc parlementaire de « Machrou Tounès » M. Abderraouf Chérif, de son porte-parole M. Hassouna Nasfi, et du membre de son Bureau exécutif M. Sahbi Ben Fradj, il a affirmé que les rencontres entre les deux parties ont traité de préoccupations communes à l’instar notamment de la situation dans la région et de la lutte contre le terrorisme, ajoutant que cette initiative n’interfère en aucune façon dans les compétences des institutions officielles de l’Etat, et qu’il informera le Président de la République à son retour à Tunis de la teneur de cette rencontre.

communiqué présidence Tunisie

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