La réponse de Azyz Amami, accusé de vouloir mettre le feu à l’assemblée

Rappel des faits :
Lors d’une rencontre-débat autour du projet de loi de réconciliation nationale, Azyz Amami avait expliqué les raisons pour lesquelles il était inconcevable que cette loi puisse être votée.

Suite à la publication de la vidéo de cette rencontre, des députés ont décidé de porter plainte contre lui pour apologie d’une organisation terroriste et menace d’incendier le parlement.

Webdo a voulu avoir sa version des faits.

« Je suis en colère. Je suis indigné. Je ne peux pas accepter que dans mon pays, les décisions soient prises par des affairistes opportunistes. Ce projet de Loi ne passera pas. Cette loi est une honte. Elle anéantit toute possibilité de « contrat social ». Les kleptocrates, guidés par Mohsen Marzouk, tentent un putsch. En tant que citoyen, je ferais tout pour empêcher ce putsch. Parce que si cette loi passe, le chemin est ouvert pour une reprise du pouvoir par les affairistes « innocentés », et leurs complices dans les administrations, eux même amnistiés. Tout le système se remettra en place, à la perfection. »

On lui a demandé ce qu’il pensait de la plainte contre lui.

« Si cette plainte devait être reçue et que je passe devant un juge, je commencerais par lui dire que je n’ai pas confiance dans la justice tunisienne. L’Etat, par le biais du gouvernement et de la présidence, vient de passer un projet de loi qui va amnistier les voleurs de l’Argent Public parce que « ces pauvres hommes d’affaire subissent des chantages de la part des juges ». Si même l’Etat n’a pas confiance dans sa Justice, comment voulez-vous que moi, simple citoyen, j’aie confiance? »

On lui a quand même demandé s’il mettrait vraiment le feu à l’assemblée. Sa réponse a été :

« Oui, les feux de la passion, ma passion pour mon pays. Et si pour ça je devais aller en prison, j’irais sans hésiter ».

NDLR : Le projet de la réconciliation nationale est en gros une amnistie pour clore les dossiers de corruption et de malversation.
Cette loi concerne les dépassements du temps de Ben Ali mais également ceux de la troïka (2012-2014).
Ce projet de loi, composé de 11 articles, permettra l’arrêt des poursuites et jugements, ainsi que l’annulation des peines engagées contre les fonctionnaires et assimilés pour des actes de malversations financières sauf corruption et détournement de fonds.
Les personnes concernées devront verser les montants détournés et les bénéfices générés majorés de 5% dans un « fond de dépôt et conciliation ».
Cet argent serait ensuite redistribué à des projets de développement régional ou à des petites entreprises.
D’après l’Instance « Vérité et Dignité » cette réconciliation nationale s’appliquera à un millier de fonctionnaires et à une trentaine de ministres et hauts commis de l’Etat.
Sont aussi concernés par cette loi, les titulaires de comptes à l’étranger qui n’avaient pas déclaré ces avoirs. Ils pourront régulariser leur situation en justifiant les ressources et en payant 5% du montant.

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