Attentat de Sousse : « La police avait été prévenue et certains politiciens seraient liés au terrorisme », The Independent

identification des victimesWalid Zarrouk, ancien responsable sécuritaire et président de l’association El Mourakeb,  a déclaré au journal britannique The Independent, que le ministère de l’Intérieur tunisien avait été alerté depuis le mois de mai qu’il y aurait une attaque terroriste à Sousse mais que rien n’a été fait pour l’empêcher.

Lors d’écoutes mises en place par le ministère de l’Intérieur d’individus soupçonnés d’être liés au terrorisme, un officier a intercepté une conversation où un individu parlait de «brûler une voiture » à Sousse, code connu de la police et qui donne l’ordre d’attaquer.

L’officier qui a intercepté l’appel a rapporté la conversation au service concerné du ministère de l’Intérieur, mais aucune mesure n’a été prise.

« L’attaque s’est passée en juin sans qu’on n’ait pu l’éviter alors que nous avions l’information depuis le mois de mai, il y a un vrai problème » a déclaré Walid Zarrouk. Selon lui, il règne une anarchie totale au sein du ministère de l’Intérieur et il y a un manque évident de volonté politique face à la corruption généralisée et le manque de discipline.

Walid Zarrouk a déjà été arrêté pour ces accusations de corruption et d’ingérence politique dans le cadre de la sécurité. Il n’était pas accusé de diffamation mais de non-respect du « devoir de discrétion ».

Bien qu’il ait quitté les forces de sécurité il y a plus d’un an pour rejoindre Mourakeb, Zarrouk est encore en contact  avec de nombreuses hauts-responsables de sécurité.

Plus de 180 officiers anti-terroristes et de renseignement top ont été licenciés depuis la fin de l’ère Ben Ali, ce qui a laissé un service de sécurité avec peu ou pas d’expertise dans la lutte contre le terrorisme.

Pour Walid Zarrouk, lors de ces licenciements massifs, sont partis des officiers expérimentés, qui avaient reçu une formation en occident et s’étaient entraînés mors d’opérations sur le terrain dans des lieux comme l’Irak et l’Afghanistan.

Un officier de police, qui a voulu garder l’anonymat, a déclaré que les cadres sécuritaires avaient peur d’enquêter sur les réseaux terroristes dans le pays parce qu’ils savent que ces groupes sont liés à des politiciens.

D’après Walid Zarrouk, c’est pour cette raison que les enquêteurs cherchent rarement à découvrir les réseaux plus larges impliqués dans des actes de terrorisme.

« Il n’y a aucune véritable enquête sur le financement de ces réseaux et sur ceux qui les protègent ».

Le ministère de l’Intérieur n’a pas fait de commentaires suite à ces allégations.

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