Vaincre Daech, un défi à la portée d’un vrai gouvernement

TRIBUNE | Abdelaziz Belkhodja, citoyen tunisien

photos abdelaziz

La Tunisie sera inévitablement confrontée, d’ici peu, à Daech, or les autorités continuent à considérer cette menace comme hypothétique. Daech constitue la pire révolution religieuse de l’histoire du monde arabe. Nous avons à faire à des extrémistes devant lesquels les membres d’Al Qaida font figure de gentlemen.

L’objectif de Daech, maintes fois proclamé, passe de façon certaine par cette Tunisie dont le régime démocratique constitue le pire ennemi possible car il oppose à la logique religieuse extrême une logique légitime renforcée par l’alternance déterminée par les élections de 2014.

Il faut savoir que la démocratie tunisienne empoisonne l’existence des extrémistes car sa réussite pourrait – si un gouvernement fiable passe par là – offrir une alternative aux démunis qui constituent l’écrasante majorité des peuples arabes et qui voient en Daech leur justicier brandissant « la main de Dieu contre les corrompus ».

Défendre la Tunisie contre cette menace serait non seulement salvateur, mais aussi un acte fondateur. La défense en elle même du pays doit se faire avec une nouvelle mentalité de victoire et une mobilisation générale des capacités (volontaires + officiers de réserve), l’application de nouvelles techniques de combat ( réquisition des 4X4, installation de radars de tir, minage des zones frontalière, surveillance satellite, etc…), l’émergence d’une nouvelle volonté de défendre le pays en écrasant ses ennemis, le refus de croire en la chimère de la défense de notre territoire par des étrangers, surtout que les étrangers se limiteront à des interventions aériennes, devenues caduques depuis des années.

Bref, il serait temps que nos responsables sortent de leur torpeur et préparent très sérieusement la défense de notre pays. Ne pas le faire, devant ce danger imminent serait un acte de haute trahison.

Même si les aides étrangères sont les bienvenues, nous ne devons compter que sur nous même. Nous avons toutes les capacités pour, encore faut-il sortir de cette logique fataliste où nous ont jetés, après le 14 janvier, 7 gouvernements aussi timorés les uns que les autres et réunir les capacités, mettre en place les plans, faire des essais à taille réelle et parfaire la défense du territoire.

Et même au cas où, par miracle, cette menace serait appelée à disparaître, nous aurions mis en place une mobilisation et des moyens de défense qui nous donneront ce sentiment, qui nous manque tellement, d’être une nation, une nation solide.

Commentaires:

Commentez...