Syrie : L’opposition en exil ne met plus le départ de Bachar al-Assad comme condition pour des négociations de paix

Une explosion dans la ville syrienne d'Alep, le 5 mars 2015 - AFP
Une explosion dans la ville syrienne d’Alep, le 5 mars 2015 | AFP

Le chef de l’opposition syrienne en exil, Khaled Khoja, a annoncé pour la première fois qu’il ne mettait plus le départ du président Bachar al-Assad comme condition préalable pour des négociations de paix.

Reçu par le président français François Hollande à l’Elysée ce jeudi 5 mars, au cours d’une visite à Paris, Khaled Khoja, a créé la surprise en énonçant « une nouvelle stratégie » de lancer « un dialogue avec tous les groupes d’opposition et les personnalités qui veulent établir une nouvelle Syrie ».

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« Notre but ultime est d’être débarrassés de Bachar al-Assad, mais ce n’est pas une condition préalable au début du processus (de négociations). En revanche, il est nécessaire que ce processus conduise à un nouveau régime et une nouvelle Syrie libre », a-t-il souligné.

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La question préalable du départ d’Assad et la volonté de la Coalition de vouloir se présenter comme le seul représentant de l’opposition a bloqué jusqu’à présent tout rapprochement entre l’opposition en exil et celle de l’intérieur.

« La déclaration de Khoja est positive », a déclaré à l’AFP à Damas Mounzer Khaddam, porte-parole du Comité de coordination nationale pour les forces du changement démocratique (CCND), principale coalition des opposants de l’intérieur.

M. Khaddam a également accueilli favorablement l’absence de conditions préalables aux négociations. « Nous avions tenté à Paris de les convaincre que toute condition préalable n’aide en rien une solution politique en Syrie », a-t-il ajouté faisant allusion à la réunion il y a deux semaines entre des opposants en exil et de l’intérieur qui avait abouti à une ébauche de feuille de route.

Violents combats à Alep

La Syrie reste toujours en proie aux combats qui se déroulent entre le régime syrien et les rebelles. De violents combats ont encore eu lieu ce jeudi 5 mars à Alep.

Dans la deuxième ville syrienne, « de violents combats et des bombardements ont opposé le régime et les rebelles dans l’ouest où a eu lieu une attaque la veille », a affirmé à l’AFP le directeur de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

L’explosion mercredi d’une puissante charge souterraine contre le siège des redoutables services de renseignement de l’armée de l’air et les combats qui ont suivi ont fait au total 34 morts dans les deux camps, selon l’OSDH.

Des pompiers s’efforcent d’éteindre l’incendie provoqué par un baril d’explosifs largué selon une ONG par un hélicoptère du régime syrien contre un quartier rebelle de la ville d’Alep, tuant au moins 18 civils

Les civils paient aussi un lourd tribu. Au moins 22 d’entre eux ont péri, dont huit totalement brûlés, lorsqu’un hélicoptère a largué un baril explosif sur des personnes rassemblées pour acheter du fioul dans le quartier rebelle de Qadi Askar, dans l’est d’Alep, selon l’ONG.

Des bombardements rebelles contre le secteur gouvernemental avaient coûté la veille la vie à neuf civils, dont deux femmes et trois enfants, notamment dans le quartier de Salaheddine, à l’ouest. C’est dans ce quartier, que l’émissaire de l’ONU Staffan de Mistura entend proposer une trêve.

Le régime largue régulièrement des barils d’explosifs sur les régions rebelles, faisant des milliers de victimes civiles notamment dans la région d’Alep.

Résolution onusienne condamnant l’utilisation du gaz de chlore

Selon des diplomates, le Conseil de sécurité de l’ONU se prononcera ce vendredi 6 mars sur une résolution qui condamne l’utilisation du gaz de chlore dans le conflit syrien, sans accuser explicitement le régime ou l’opposition d’en être responsables.

Dans le nord-ouest du pays, au moins six étudiants et un enseignant ont été tués et 12 personnes blessées, dont neuf enfants, dans un raid de l’aviation du régime près d’une école dans un village au nord d’Idleb, selon l’OSDH.

Par ailleurs, plusieurs chefs du Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, ont été tués dans une attaque visant une réunion de responsables de ce groupe dans la province d’Idleb, selon la même source.

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