Tunisie : European Cancer Centers accuse le ministre de la Santé de corruption : Habib Khedhr demande au gouvernement Jomaâ de réagir

Habib Khedher - photo (FB-Habib Khedher)
Habib Khedher

Mise à jour :

Une grève a eu lieu et des routes ont été coupées depuis hier, 28 septembre à El Hamma à Gabès. D’après Mohsen Thlibi, l’un des meneurs de cette grève et membre de l’association « Invest in El Hamma », « il y a une grande colère du côté des habitants qui se sentent marginalisés ».

 

 

 


 

Après l’échange d’accusations entre European Cancer Centers et le ministère de la Santé tunisien, la polémique autour du projet d’hôpital spécialisé en cancérologie  à El Hamma, dans le gouvernorat de Gabès, prend des proportions importantes.

Le député Habib Khedher, de la même région, a renouvelé son soutien au projet, demandant expressément des éclaircissements de la part du gouvernement de Mehdi Jomaâ.

« C’est le ministère qui a donné son accord de principe et non le ministre… »

« J’ai participé à l’apport de ce projet qui a été étudié par le gouvernement Ali Laârayedh. En tant que député du gouvernorat de Gabès qui défend tout projet pouvant aider au développement de la région, nous avons reçu, le 11 décembre 2013, l’accord de principe du ministère de la Santé », nous a-t-il précisé. « Je dis bien du ministère et non du ministre ou du secrétaire d’Etat », avait-t-il bien souligné, dans une déclaration à la radio Oasis FM (Gabès), en faisant référence au principe de la « continuité de l’Etat ».

Dans cette même déclaration à Oasis FM, M. Kedher a rappelé que la genèse de ce projet remonte à des mois, « que c’était d’abord une idée, à l’initiative de l’un des investisseurs de la région »un certain Mark Keller (qui s’appellerait en vrai Riadh Khedher), et que ça a commencé à se concrétiser depuis une réunion avec Amor Chahbani, gouverneur de Gabès.

« Une commission réunissant tous les ministères concernés, tourisme, santé, agriculture, développement, investissements, etc… et la Banque Centrale de Tunisie, en présence des investisseurs porteurs du projet, s’est tenue en janvier. Il leur a été demandé de s’engager par écrit, ce qui a été fait », a-t-il ajouté.

Le projet « mis à côté »

M. Khedher précise qu’il a personnellement relancé le secrétariat d’Etat au développement en demandant s’il restait encore des conditions à satisfaire de la part des investisseurs. « Non. Il faut juste attendre la réunion de la Commission Supérieure des Grands Projets, leur a-t-on répondu », rapporte le député nahdhaoui.

« Le 9 avril dernier, j’ai profité de la célébration de la Fête des martyrs à Sejoumi pour aborder ce sujet avec le ministre de la Santé (Mohamed Salah Ben Ammar), le secrétaire d’Etat au développement et le secrétaire d’Etat auprès de la présidence du gouvernement chargé des affaires économiques (Nidhal Ouerfelli). Je leur ai dit que c’est un projet important pour la région et leur ai demandé s’ils y sont opposés. Non, m’ont-ils répondu », raconte le député sur la radio Oasis FM.

Habib Khedher ajoute que la commission devait se réunir en été mais a été reportée suite aux attaques terroristes. Il déclare avoir été surpris de constater que la réunion de la Commission Supérieure des Grands Projets, tenue le 22 août, a classifié le projet en tant que projet « normal », ce qui veut dire que cela va demander plus de temps que prévu pour l’entamer.

« On attend une justification de refus »

« Jusqu’à aujourd’hui, on attend une justification claire de cette décision sachant que c’est sur demande du gouvernement que ce projet a été catégorisé  »Grand projet » », nous explique le député.

Pour «European Cancer Centers», il s’agit  « d’intérêts personnels qui ont bloqué et bafoué le processus démocratique », dénonce-t-il dans une lettre ouverte au Chef du gouvernement Mehdi Jomaâ

Aucune réaction du gouvernement Jomaâ face aux accusations de corruption

Selon l’investisseur, « cette décision, qui n’est motivée par aucun argument, est la conséquence du veto du ministre de la Santé Publique, Mohamed Salah Ben Ammar, seul membre de la Commission Supérieure des Grands Projets à s’opposer au projet ».

« Après ces accusations de corruption et de népotisme, le gouvernement aurait dû réagir et répondre officiellement à ces accusations sachant que le contexte actuel préélectoral ne prête pas à ce genre de polémique », reproche M. Khedher aux autorités tunisiennes. «Dans d’autres circonstances, nous aurions pu demander l’audition à l’ANC du ministre de la Santé et du chef du gouvernement », nous déclare le député.

Aujourd’hui, le vice-président d’European Cancer Centers est arrivé en Tunisie. L’affaire, qui n’a toujours pas été débattue en public, reste opaque, en attendant la réponse de la présidence du gouvernement. 

 

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