Zatla mon amour ! – par Imed Ben Hamida

TRIBUNE – J’ai entendu, je ne sais plus sur quelle radio, un petit jeune ergoter sur la légalisation de la zatla, à l’occasion de la relance, un peu curieuse, de la question des drogues douces dans notre pays. J’ai cru l’entendre défendre ladite légalisation au nom du droit, fallacieux par ailleurs, de disposer librement de son corps. On peut disposer de son cul, mon petit, mais pas de son corps, parce que le corps relève, en définitive, du domaine public. Sinon, le suicide aurait été consacré comme le droit suprême de tout un chacun de disposer de son corps et l’arsenic serait en vente libre dans les officines au même titre que les préservatifs.

les dits du lundi p12C’est, bizarrement, le même argument que ressortent, comme d’un commun accord, tous ceux qui s’érigent en défenseurs de la consommation des stupéfiants pour faire croire aux esprits avilis par la merde que distillent incessamment les radios et les télés locales qu’il y a une dimension philosophique, voire métaphysique, derrière ce combat en faveur du joint.
Du cartésianisme de marchand de poulet, qui a l’avantage de faire croire aux petits cons qu’ils sont intelligents et que la consommation du cannabis est un acquis de la révolution tout autant que la liberté d’expression.

Et pendant ce temps-là, tout le pays s’enlise dans un débat dévié de sa trajectoire première : on en était aux réformes judiciaires qui éviteraient à des jeunes ayant succombé à la tentation de fumer de la zatla de faire de la prison comme des criminels ou de voir leur avenir foutu en l’air. On en est, maintenant à des manifs revendiquant purement et simplement la vente et la consommation libre de stupéfiants, ne réclamant que subsidiairement la libération de « x » ou de « y » censée être le mot d’ordre premier de la manif.

Les jeunes qui ont été arrêtés font désormais figure de prétexte à un « combat » en faveur des drogues. Un dérapage ? Non. C’est un coup calculé et bien calculé. Et ceux qui sont derrière cette obscure croisade n’ont pas eu beaucoup de mal à embrigader des jeunes qui ne comprennent que dalle aux véritables tenants et aboutissants d’une telle campagne.
Peu importe qui se cache derrière cette offensive narcotique. Les barons de la drogue en Europe, les terroristes islamistes, la mafia russe, les cartels sud-américains ou les renseignements israéliens. On s’en balance. Mais ce pays, devenu, carrément sans Etat, sans souveraineté, sans dignité, sans sécurité et bientôt, atrocement misérable, est une proie exquise pour du gros trafic de drogue. Normal qu’il attire les convoitises de toutes sortes.

Ce pays est en danger. Le vide total dans lequel il se débat depuis plus de trois ans en fait la cible de tous les charognards de ce bas monde. Ils veulent diviser les jeunes en toxicomanes ou salafistes (quoique la deuxième catégorie a aussi sa place dans la première). Et il n’y a personne parmi les débiles, les imbéciles, les fous (ou ceux qui font semblant de l’être), les roublards, les profiteurs, les corrompus, les voleurs et les criminels qui peuplent le paysage politique, quelqu’un qui viendrait rappeler à tout le monde qu’il est tout à fait normal que l’on remette toutes les lois actuelles sur les stupéfiants en cause pour consacrer le principe de la justice, préserver l’intégrité physique et morale de nos jeunes et trouver des formes de réinsertion (dont la désintoxication, l’accompagnement ou l’encadrement) pour ne plus condamner, à vie, un jeune qui, souvent, est plus victime d’une tentation que d’un instinct de délinquant.

Mais que ce qui n’est pas du tout normal, c’est qu’il ne peut nullement être question (et d’aucune manière que ce soit) de légaliser les drogues ou d’offrir ce pays en pâture aux marchands de zatla. Parce que les trafiquants mériteraient qu’on leur fasse pénétrer 50 kg de cannabis par ou vous pensez. Qu’on leur couse le sphincter et qu’on les jette en plein océan.

I.B.H.

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