L’ancien «footballeur» Saadi Kadhafi extradé en Libye

Un des fils de Mouammar Kadhafi, Saadi, a été extradé vers la Libye aujourd’hui par le Niger où il s’était réfugié depuis septembre 2011 en compagnie d’une trentaine d’autres personnes proches de l’ancien régime libyen. Il est désormais à Tripoli, a confirmé le gouvernement libyen qui annonce à travers un communiqué diffusé aux agences de presse «l’avoir récupéré».

Saadi Kadhafi (sous le maillot rouge de Pérouse) a joué 15' contre la Juventus de Del Piero (crédit photo Reuters)
Saadi Kadhafi (sous le maillot rouge de Pérouse) a joué 15′ contre la Juventus de Del Piero (crédit photo Reuters)

Troisième fils de Mouammar Kadhafi, Saadi, homme d’affaires, militaire, dirigeant sportif et ancien footballeur professionnel était recherché par Interpol. Accueilli par le Niger qui invoquait alors des «raisons humanitaires», il tombe vite en disgrâce (février 2012) en accordant une interview à Al-Arabiya dans laquelle il prédisait un soulèvement contre le nouveau régime libyen et annonçait son intention de revenir en Libye. Le gouvernement nigérien estimant qu’il avait «violé les conditions de son accueil» le place en résidence surveillée.

La Libye a maintes fois réclamé son extradition, l’accusant de «s’être emparé de biens par la force et l’intimidation quand il dirigeait la Fédération libyenne de football». Il est également accusé d’avoir tiré sur des opposants pendant le règne de son père.

Saadi Kadhafi était surtout un footballeur controversé. Après une carrière en Libye dans le club d’Al Ahly Tripoli, puis dans celui d’Al-Ittihad Tripoli, dont il est également président, capitaine de la sélection nationale, dirigeant de la Fédération de Libye de football, Saadi a poursuivi sa carrière en Italie en 2003-2004 où il est engagé par Pérouse où il ne joue que 15 minutes contre la Juventus de Turin, club dont il est actionnaire à hauteur de 7,5% depuis 2002. En 2005, c’est à l’Udinese qu’il offre ses services mais n’y joue que 11 minutes, puis à la Sampdoria de Gênes, l’année suivante avec 10 minutes au compteur. Il arrêtera sa carrière en 2007.

Le Niger a maintes fois refusé de l’extrader avant de le livrer. En Libye où il a été immédiatement emprisonné, Saâdi Kadhafi encoure la peine de mort. Bien que, et ce contrairement à son frère Seif Al Islam, il ne soit pas recherché par la Cour pénale internationale. Mais Tripoli souhaite le juger pour expropriation forcée, intimidation par les armes à l‘époque où il dirigeait la Fédération libyenne de football, et pour avoir donné l’ordre de tirer sur des manifestants.

Saadi Kadhafi sous le coup de sanctions de l’ONU, comme l’interdiction de voyager et le gel de ses avoirs financiers Seif Al Islam, arrêté en novembre 2011 dans le sud libyen par des ex-rebelles de Zenten où il est détenu depuis. Et bien que le pouvoir libyen à d’ores et déjà annoncé «qu’il lui serait réservé le même traitement que les autres responsables, tels que Baghdadi Mahmoudi (ex-Premier ministre extradé de Tunisie), Seif Al Islam ou Abdallah Al-Senoussi (ex-chef des renseignements), emprisonnés», selon lui, «conformément aux normes internationales», les défenseurs des droits de l’homme craignent que l’homme ne subisse des agressions physiques dans une Libye en proie à une certaine confusion.

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