Rentrée universitaire… doucement le matin, pas trop vite l’après-midi

FacThéoriquement nos étudiants seraient à ce stade du calendrier, à la 5ème semaine des 14 semaines imposées par le régime LMD (plus connu parmi la communauté des étudiants comme le Laissez Moi Dormir).

Concrètement depuis le 12 septembre, date de la rentrée effective dans les établissements universitaires, les chanceux parmi ces deniers enregistreraient deux semaines de cours et de travaux pratiques réellement accomplis.

Les causes de ce retard dans le début des cours ne sont pas seulement à chercher dans des retards administratifs (emplois du temps remaniés et non définitifs, problème de répartition des effectifs, professeurs manquants pour cause de départ massif dans les universités du golfe, inscriptions tardives etc.).

Mais surtout dans le désenchantement total de nos étudiants qui ne voient plus dans une université publique ravagée sur tous les plans l’espoir d’un avenir meilleur et l’ascenseur social d’antan.

L’université publique à l’exception de quelques établissements aux solides traditions académiques est dans un état de coma végétatif, elle meurt doucement étouffé par les problèmes de massification des effectifs, du manques des moyens didactiques, de la fuite massive des enseignants partis travailler sous de meilleurs cieux, d’une reforme LMD imposée à la va vite alors que la communauté académique ne s’était pas pas préparée à cela et que les moyens matérielles nécessaires à sa concrétisation ne soit disponibles.

A tout cela s’ajoute, le désormais festival de revendications des syndicats d’étudiants avec comme revendication phare le droit à tous de s’inscrire au mastère, un problème qui généralement coûte deux semaines de retard au début de chaque année universitaire.

Désenchantement des étudiants, sit-in et grèves à l’entame de chaque rentrée universitaire, quelques jours de vacances ou de jours fériés transformés systématiquement en une semaine de vacances pont oblige, bref ce premier semestre aux 14 semaines théoriques se déroulera sur 9 semaines au meilleur des cas et 7 semaines pour les établissements universitaires n’ayant pas pu démarrer les cours pour une foultitude de raisons.

Entre temps, le ministre de l’enseignement supérieur continue à renforcer son pléthorique cabinet par de nouveaux conseillers et de autres chargés de mission faciliter le départ des enseignants vers l’eldorado golfique, nouer de fructueux échanges scientifiques avec des d’obscures universités, recruter du personnel administratif parmi les bénéficiaires de l’amnistie générale n’ayant aucune connaissance du domaine universitaire.

Entre temps surtout, les universités privées tournent à plein régime, captent les meilleurs éléments parmi le corps enseignants, s’améliorent de jour en jour en termes de qualité des enseignements dispensés.

Après la santé, voilà que l’enseignement à deux vitesses s’installe lentement mais surement dans notre pays… bien entendu… au détriment des plus démunis .L’université publique a vécu, bonjour l’enseignement privé… A vos poches citoyens !

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