(Màj) – Dorénavant, les banques ne serviront plus du « rouge » à leurs clients non patentés

Découvert - photo (leparticulier.fr)Suite à la dernière intervention de Chedly Ayari dans les médias qui a fait état de graves difficultés économiques et financières dans le pays, plusieurs banques zélées ont donné des instructions internes à leurs collaborateurs dans les agences pour qu’ils n’accordent plus de découverts aux fonctionnaires et aux particuliers.

Cette décision de leur part qui pose des difficultés sérieuses sur le plan de l’applicabilité, vient renforcer les mesures draconiennes déjà prises dans le cadre de la circulaire de la banque centrale du 4 octobre 2012 portant restriction du domaine des crédits à la consommation.

Leur décision vise à réduire le risque de liquidité découlant du rétrécissement de la masse des dépôts dans certaines banques et des difficultés de recouvrement des créances sur les entreprises et les particuliers.

Mais dans le fond, elle pénalise la consommation dans un contexte où le taux d’inflation devient sérieusement préoccupant. De ce point de vue, les économistes, les experts et les analystes de tous bords remettent en cause le bienfondé de pareilles décisions qui ne feront qu’aggraver la crise sur le plan social et radicaliser la situation sur le plan politique.

En effet, imposer l’austérité aux consommateurs pour combler les déficits structurels qui affectent dangereusement les équilibres globaux n’aura comme effets que ralentir encore plus les activités de production et générer davantage de replis au niveau des investissements. Cette appréhension est d’autant plus fondée que le problème de base ne réside pas dans le manque de liquidités, mais s’attache au contexte politique qui n’encourage pas les investisseurs locaux et étrangers et n’autorise pas à faire confiance au marché.

Classée 5e en Afrique en nombre de millionnaires (en compte 6500 selon un rapport de New World Wealth), la Tunisie est capable de faire mieux encore faut-il que la situation se débloque et que les Tunisiens soient rassurés sur leur avenir.

Ainsi, quelles que soient les mesures d’austérité envisagées pour sauver le budget 2014 et redresser la situation économique, rien n’arrêtera l’avancée de la crise qui continue inexorablement à faire son petit bout de chemin pour conduire à la cessation de payement si les politiques ne s’accordent pas sur la feuille de route à mettre en place.

En attendant, ce sont les salariés et les démunis qui payent les pots cassés.

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MISE A JOUR
: Selon un communiqué de ce jour, l’Association Professionnelle Tunisienne des Banques et Etablissements financiers rappelle qu’aucune mesure n’a été prise à l’échelle du secteur pour freiner les découverts et que les procédures dans les banques n’ont connu aucune modification. Effectivement, rien n’a changé au niveau réglementaire. Mais les banques peuvent fixer librement des conditions particulières qui leur sont propres, limiter l’octroi du découvert ou même le réserver à une catégorie spécifique.

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