Ennahdha prête à dissoudre le gouvernement sous certaines conditions ?

Ennahdha - photo (Nawaat.org)D’après le quotidien Attounsia, des sources informées lui auraient fait savoir que le sort du gouvernement Laareydh va se décider dans les prochaines heures, après négociation des conditions du mouvement Ennahdha pour la dissolution du gouvernement. La première condition consiste à faire participer activement le mouvement au choix du chef du futur gouvernement et de la personnalité qui sera à la tête du ministère de la défense. L’autre condition réside dans le maintien de Lotfi Ben Jeddou en tant que ministre de l’Intérieur.

En outre, le mouvement exige qu’il soit décrété une trêve sociale en vertu de laquelle les nominations dans les départements ministériels, l’administration régionale et les entreprises publiques ne seraient pas remises en cause. La dernière décision portant nomination de nouveaux gouverneurs et la permutation d’autres, pourra être perçue sous cet angle.

Enfin, Ennahdha requiert des garanties consistant à ne pas évoquer les dossiers où ses représentants dans le gouvernement et les personnalités influentes en son sein seraient impliqués. Il s’agit, selon les mêmes sources, de l’usage de la chevrotine à Siliana, de l’attaque de l’ambassade américaine et de l’agression contre l’UGTT.

Les mêmes sources indiquent que les pourparlers se poursuivent entre les antagonistes dans le secret total en attendant le retour de Begi Caied Essebssi pour sceller les accords et les mettre en application.

Nonobstant la véracité de l’information que nous reproduisons avec réserve, ces conditions ne peuvent pas être acceptées dans leur intégralité par l’opposition démocrate qui s’attache à toutes les revendications exprimées dans le cadre du sit in du Départ.

S’agissant de la trêve sociale qui vise à ne pas évincer ceux qui ont été nommés par l’actuel gouvernement,elle est incompatible avec l’impartialité requise. Le maintien dans leur poste ceux qui ont été nommés sur la base de leur appartenance politique conduit à marginaliser le service public au profit du parti au pouvoir et à influencer l’opération électorale à travers les manipulations et les manœuvres politiciennes.

Quant aux garanties politiques demandées, l’opposition démocrate qui a dénoncé les attaques, agressions et les assassinats commis sous le règne de la Troïka, prévoit d’inclure dans la justice transitionnelle les actes et faits commis après la révolution du 14 janvier.

En conséquence, l’acceptation de ces conditions équivaudrait à un revirement de la part du front national du salut de la même manière que le retrait du gouvernement par Ennahdha sous la pression du sit-in du Départ vaudrait abdication.
Mais des deux côtés, la concession sera hautement appréciée par la majorité silencieuse qui appréhende la confrontation et le chaos généralisé en cas de perpétuation du statu quo alors que le pays est en proie au terrorisme et à la violence politique.

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