Des centaines de djihadistes détenus en Syrie de retour en Tunisie d’ici fin juin

djihadistesBonne nouvelle : les djihadistes envoyés en Syrie par le Qatar via les islamistes tunisiens pour combattre Bachar (ils seraient une dizaine de milliers officieusement et trois mille selon des sources officielles), vont regagner la Tunisie par contingents dont l’importance augmentera sensiblement pour atteindre des centaines d’ici la fin du mois de juin. Ils passeront pour ainsi dire le Ramadan au bercail, parmi les leurs.

Pourquoi fin juin ? Parce qu’entre-temps, le processus de Genève pour obtenir une transition politique en Syrie sera relancé par la Russie et les Etats-Unis et malgré leurs déclarations ils négocient en catimini avec Bachar Al Assad la tenue d’une conférence internationale sur la Syrie (vraisemblablement avant septembre 2013).

La goutte annonciatrice du déluge est le retour, selon un communiqué publié aujourd’hui par le ministère des Affaires étrangères, de cinq ressortissants tunisiens qui étaient en détention en Syrie grâce à l’intervention de l’ambassade tunisienne à Beyrouth en coordination avec les autorités libanaises.

Le ministère des Affaires étrangères informe même les membres de la communauté tunisienne en Syrie qu’ils peuvent contacter l’ambassade tunisienne à Beyrouth sur le numéro suivant 0096 15457431. Cela prouve que les perspectives d’une libération imminente de plusieurs djihadistes sont largement ouvertes.

Ce communiqué fait suite à des infos distillées d’un moment à l’autre par certains médias proches du gouvernement sur les efforts déployés par le ministère des Affaires étrangères et par notre ambassade à Beyrouth. Si les autorités tunisiennes n’avaient pas des assurances sur une issue pour le problème des détenus de Syrie, il y aurait eu un black-out, comme pour les disparus de Lampedusa.

En fait, la diplomatie tunisienne cherchait depuis quelques mois, le moyen de négocier le retour des djihadistes détenus en Syrie, en sollicitant les bons offices d’un «intermédiaire», puisqu’il n’y a plus aucun contact entre Tunis et Damas. Finalement, et grâce à plusieurs chancelleries influentes (de pays golfiques) et des diplomates ayant des entrées en Syrie, c’est Beyrouth qui a été choisie comme base de négociation et point de ralliement des djihadistes venant de Syrie. Et petit signe de desserrement de la part  de Damas, un journaliste tunisien a été autorisé à entrer et à filmer en territoire syrien.

C’est donc la mission diplomatique tunisienne à Beyrouth qui a entrepris plusieurs contacts avec les autorités libanaises spécialisées pour accorder des visas aux ressortissants tunisiens. Les frais de déplacement de Damas à Beyrouth, d’hébergement et du retour en Tunisie ont été pris en charge par l’ambassade.

Oui, mais comment les Syriens sont-ils devenus, tout d’un coup compréhensifs et cléments et qu’ils iront jusqu’à relâcher des djihadistes qui sont venus tuer leurs compatriotes, brûler et détruire leurs villes et villages ?

Premier élément de réponse : la relaxation d’étrangers ayant combattu sur le sol syrien (à l’exception de ceux ayant commis des crimes de guerre avérés) fait partie d’un plan de règlement global menée en catimini par les Américains, les Russes et les Britanniques afin de trouver une sortie honorable pour Al Assad et un maintien des Alaouites au pouvoir. Damas, en ce sens, doit multiplier les gestes de bonne volonté. En plus, la Syrie a tout intérêt à se débarrasser de ces guerriers encombrants et la meilleure des punitions qu’elle réserverait aux régimes qui lui ont donné des preuves de haine (principalement Tunis), c’est de leur réexpédier leur marchandise, alors qu’ils sont en plein conflit avec le terrorisme islamiste et le salafisme.

Cela dit, ces jeunes rompus aux armes et aux explosifs tombent à pic, au moment où les salafistes («pacifistes» et inexpérimentés) haussent le ton face à la police. Ces djihadistes viendront donner une autre dimension au problème en apportant leur expérience aux fidèles du «salaf salah» qui ne seront plus aussi «dilettantes» qu’ils ne le sont actuellement.

Les djihadistes seront ainsi un stimulant de taille d’autant plus qu’ils ne feront l’objet d’aucun interrogatoire ni de détention à leur arrivée à Tunis. Le ministre de l’Intérieur a déclaré, en ce sens, à propos des premiers djihadistes revenus au pays, que la police se contente de les surveiller de près.

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