De nouveau, le torchon brûle entre le ministre de l’Enseignement supérieur et les enseignants

moncef ben salemDans un sit-in de protestation qu’ils entendent organiser devant le ministère de l’Enseignement supérieur et devant les rectorats, le jeudi 11 avril à 11H00, les enseignants universitaires feront savoir leur exaspération de voir le ministre en exercice retarder l’application des accords conclus l’automne dernier avec le syndicat majoritaire de cette corporation. Des accords qui, rappelons le, comprenaient des augmentations salariales ainsi que l’établissement de certaines primes dont la nouvelle prime dite de «la rentrée universitaire» qui aurait du être déjà versée dans les comptes des enseignants depuis janvier dernier et dont ne sait d’ailleurs pas si elle est de nature pécuniaire, certains évoquant l’octroi à chaque universitaire d’un ordinateur ou d’un tout autre outil de travail ;

La FGESRS, syndicat majoritaire qui appelle à la mobilisation devant le siège du ministère et des rectorats rappelle, dans un communiqué les autres revendications des universitaires dont notamment la question du respect des libertés académiques et dénonce par la même, fermement le remplacement de membres élus de certains jurys de recrutement par des membres nommés par le ministère et y voit une remise en cause du principe de la représentativité au sein de ces commissions et une annulation du vote des enseignants qui est, rappelons-le, en partie bafoué par la loi elle-même qui fait que la composition dépend d’un quorum de vote difficile à atteindre.

Cette remontée de tension entre le corps des enseignants universitaires après une accalmie rendue possible par les accords de l’automne 2012 va-t-elle perturber cette fin de l’année universitaire et nous faire revivre l’année 2005 où par leur grève administrative une guerre totale avait opposé l’autorité de tutelle et pouvoir politique de l’époque à l’ensemble des universitaires ? Une chose parait sûre pour le moment, le ministre en exercice, que certains n’hésitent pas à appeler «le ministre fantôme» tant il ne brille pas par un activisme débordant dans la gestion de son département et semble plus affairé dans des batailles d’ordre partisan, devra faire montre de plus d’écoute de ses administrés et non moins collègues et surtout procéder sans tarder à la concrétisation des accords qu’il a lui-même négociés puis paraphés…

Joindre l’acte à la parole semble le seul moyen à même d’éviter une fin d’année universitaire en queue de poisson, chose évidement qu’aucun Tunisien ne souhaite et qui serait fort dommageable pour nos étudiants déjà en état de souffrance avancée vu la façon avec laquelle est traité le dossier de l’enseignement supérieur public en Tunisie depuis quelques années déjà.

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