L’aéroport de Carthage serait «une caserne de la sécurité parallèle», selon Nawaat

Aéroport Tunis CarthageAprès la parution sur son site d’une séquence vidéo montrant l’homme d’affaires, Fethi Damak, en pourparler avec des membres d’une présumée sûreté parallèle, le site Nawaat s’est intéressé encore une fois à la question en publiant cette fois-ci les résultats d’une investigation à propos d’une cellule sécuritaire ayant élu domicile à l’aéroport de Carthage que nous reproduisons avec les réserves d’usage.

Sous l’intitulé «Aéroport de Carthage : caserne de la sécurité parallèle», Walid Mejri, le journaliste qui a entrepris l’investigation, rapporte l’existence, dans l’enceinte de l’aéroport de Carthage d’une cellule de sécurité parallèle chargée de former des agents et de les préparer à des missions «suspectes».

Initialement, elle portait l’appellation de «Bureau des études de la formation». Puis elle a changé de dénomination lorsque le journaliste Zied Heni a dénoncé publiquement l’existence d’une cellule spécialisée dans les assassinats et les meurtres politiques qui opère sous les ordres d’un certain Mehrez Zouari. Actuellement, elle porte l’appellation officielle de «centre de formation dynamique et de recyclage».

Selon la source qui a communiqué les informations sur cette affaire, un haut responsable dans les services de renseignement, l’histoire a commencé par l’affectation à l’aéroport d’un sous officier prénommé Abdelkarim Laabidi qui relevait de l’unité centrale de lutte contre le terrorisme. D’après son CV, Ce dernier a été suspendu de ses fonctions suite à un scandale financier et à dû se réfugier à Dubai. Quelque temps après, le dossier a été classé ce qui lui a permis de regagner le ministère de l’Intérieur.

Avant son affectation, il a bénéficié de promotions et d’encouragements qui ne se justifient pas, d’après le journaliste. Depuis sa dernière affectation, l’organisation de la sécurité à l’aéroport a connu une restructuration qui la place au dessus de tout contrôle et de toute supervision de la part des services centraux du ministère. Dans le même temps, plusieurs membres de la sécurité portuaire ont été mutés et remplacés par d’autres agents. Parmi eux, un certain Yassine Barakati impliqué dans une affaire de devises en 2006.
Des instructions leur ont été données pour qu’ils ne traitent avec aucune autorité en dehors de la hiérarchie directe.

Des témoignages livrés par des agents de l’aviation civile confirment que cette cellule est au service du parti au pouvoir. Selon un témoin, les missions secrètes qu’elle confie à ses auxiliaires consisteraient à protéger des membres et des responsables de ligues de protection de la révolution (LPR). Dans le même sens, un autre témoin affirme que des agents de la cellule sont déployés dans les manifestations organisées par les LPR pour encadrer et protéger les manifestants. Selon un troisième témoin qui prétend détenir des preuves, la cellule s’est chargée d’entraîner des extrémistes dont certains sont partis en Syrie pour participer à la guerre contre le régime de Bacher Al Assad.

A côté de ces témoignages, le journaliste livre des informations secrètes sur des faits qui se sont produits entre le 3 et le 13 mars 2013 dont il a cité la permission à un prédicateur saoudien et à un Britannique d’origine syrienne, impliqués dans des activités terroristes, d’entrer en Tunisie malgré l’interdiction et les mesures judiciaires dont ils font l’objet. Il a également cité les pressions exercées sur un agent qui s’occupe de la vérification des visas par une personne se prétendant chargée du protocole au mouvement Ennahdha et l’immixtion dans les enquêtes menées par les agents de la brigade anti-terroriste.

Contacté pour lui demander son avis sur ces révélations, Abdelakerim Laabidi a tout nié et a fait savoir que les mesures qu’il a prises se justifient pour sécuriser le territoire contre toute menace. Il accuse des responsables et des éléments au sein du ministère de l’Intérieur de vouloir porter atteinte à sa réputation.
Le journaliste fait état de plusieurs rapports soumis au ministère de l’Intérieur sur les dépassements et faits relevés. Mais à chaque fois, il recevait des assurances.

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