Bonne année la Tunisie et… verte Mloukhia pour tous!

Comme chaque année, la Tunisie s’apprête à célébrer le 14 janvier, le Nouvel An traditionnel que nous nommons Ras el am el ajmi. A cette occasion, les Tunisiens ont pour coutume de manger de la mloukhia. D’où vient cette tradition et quelle est l’origine du Ras el am el ajmi ?

Mais d’abord, soulignons-le, heureux qui comme un Tunisien fête 4 fois le Nouvel An. En effet ; quatre calendriers différents se chevauchent en Tunisie :

• Le calendrier grégorien dont le jour de l’an tombe chaque premier janvier

• Le calendrier hégirien dont le jour de l’an tombe le premier Moharem. Il est de tradition de manger ce jour-là un couscous aux fèves et au kadid (viande boucanée). Ce sera pour le 5 novembre 2013.

• Le calendrier hébraïque, Rosh Hashanah aura lieu le 5 septembre 2013 et sera célébré par la communauté juive tunisienne.

• Le calendrier julien dont le rythme ponctue les saisons, les travaux et les jours. Selon ce calendrier que nous qualifions de persan (ajmi), le nouvel an est fêté chaque 14 janvier.

Curieuse coïncidence de la révolution tunisienne avec le Ras el am el ajmi ! Ce calendrier remonte à Jules César qui en avait proclamé l’entrée en vigueur en l’an 46 avant J.C.
C’est pour cette raison que ce calendrier est dit julien. Il continue de nos jours à être utilisé pour les travaux agricoles.

Donc, à l’occasion du Ras el am el ajmi, les Tunisiens mangent de la mloukhia dont la couleur verte est de bon augure. Mais qu’est-ce donc cette mloukhia que les Tunisiens aiment tant ?
Il s’agit de feuilles de corète soigneusement pilées et tamisées finement. Le nom latin de la corète est « corchorus ». C’est en fait une sorte de mauve potagère.

Le mot « mloukhia » proviendrait du grec « malakhi » qui désigne la mauve. Ce plat est en général préparé avec de la viande de bœuf et des tripes.
La mloukhia est délayée dans l’huile et l’eau puis portée à ébullition et mijotée à petit feu pendant six heures. Certaines familles laissent la mloukhia sur le feu tout un jour, parfois toute une nuit.

On assaisonne la viande avec coriandre et carvi. Selon les goûts, on ajoutera au ragoût des tomates fraiches, du poivron des feuilles de laurier, des écorces d’orange et des feuilles de fenouil.
Pour la mloukhia du nouvel an, on ne mettra pas d’ail, par superstition. Ceci afin que l’année soit verte et gaie, l’ail étant sensé faire pleurer…

Il existe d’autres traditions culinaires liées au nouvel an ajmi :

• Certaines familles préparent du borghol, une soupe de blé concassé.

• On rompt le jeûne avec, au petit déjeuner, des dattes et du miel pour que l’année soit douce.

• On consomme aussi des œufs durs, cuits avec la mloukhia pour que leur coque soit verte.

• On mange des sucreries comme la samsa, la medmouja ou la mahkouka.

Dans les rues de nos villes le jour de Ras el am el ajmi, le parfum de la mloukhia est partout. Signe de la vitalité de ces traditions…
Et depuis 2011, la mloukhia du nouvel an porte des habits révolutionnaires !

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