Ettakatol appelle la société civile à l’aide !!!

Dans une déclaration diffusée hier soir sur les ondes de la radio Mosaïque fm, Mohamed Bennour, porte parole du parti Ettakatol, a affirmé que la mesure d’interdiction de voyage prise par le ministère publique à l’encontre d’Olfa Riahi constitue une atteinte à la liberté d’expression et aux droits élémentaires de l’homme.

Il a indiqué que cette mesure se contredit avec les principes fondamentaux de la démocratie et des libertés. Il a appelé les militants des droits de l’homme et de la liberté à se mobiliser pour la levée de cette interdiction. A cet effet, il a annoncé que son parti prévoit de publier un communiqué exprimant sa position dans cette affaire et de prendre contact avec les parties concernées dont il a cité le syndicat des journalistes et la ligue des droits de l’homme pour défendre la bloggeuse.

Mohamed Bennour estime, en effet, que cette dernière, journaliste d’investigation, a rempli sa mission en mettant à nu des vérités et en les portant à la connaissance du public.

Cette déclaration concorde avec celle de l’opposition et des composantes de la société civile qui trouvent dans la réaction des autorités un pas en arrière par rapport aux avancées réalisées dans les médias. Il s’agit, en outre, d’un coup dur au journalisme d’investigation qui représente un des piliers de la stratégie de lutte contre la corruption ainsi que l’a souligné le chef de gouvernement lors d’un discours prononcé le 9 décembre 2012 à l’occasion de la journée mondiale sur la bonne gouvernance.

Elle est, néanmoins, surprenante car le parti Ettakatol au nom duquel il s’est exprimé est une composante de la Troïka qui gouverne le pays et l’affaire concerne le ministre des Affaires étrangères avec lequel la présidence du gouvernement a fait part de son soutien.

Mohamed Abbou, secrétaire général du CPR, qui a émis des réserves quant à la mise en examen de la bloggeuse, a tenu des propos moins hostiles en se contentant de faire valoir le principe de la liberté de la presse. Pourtant, le CPR est « accusé » d’avoir orchestré l’affaire du SheratonGate pour précipiter le départ du ministre et mettre à sa place Hedi Ben Abbes.

En tant que parti au pouvoir, même minoritaire, la démarche d’Ettakatol n’est-elle pas « originale » alors que ce parti aurait dû chercher la solution avec ses partenaires plutôt que s’adresser à la société civile pour demander son appui.
Ce recours à la société civile se justifie lorsqu’il émane d’un parti d’opposition qui n’a pas le pouvoir de prendre des décisions. Mais pour un parti au pouvoir, la démarche paraît curieuse.

Cette démarche peut avoir plusieurs explications. Elle peut signifier qu’à l’intérieur de la Troïka, le courant ne passe pas et la coordination à son niveau se limite à la répartition des portefeuilles. Comme il peut s’agir d’une manière de s’innocenter auprès de l’opinion publique. Mais dans les deux hypothèses, Ettakatol n’est pas à l’abri des responsabilités relatives aux atteintes aux libertés et aux droits de l’homme.

Il est à noter que ce parti n’est pas à sa première sortie spectaculaire depuis sa participation à l’initiative de l’UGTT. Suite à l’attaque du siège de l’UGTT par les comités de la ligue de protection de la révolution, le 4 décembre 2012, Mohamed Bennour a appelé à la dissolution de ces comités qui, d’après lui, n’ont ni qualité à agir ni une quelconque légitimité pour se substituer à l’Etat.

Commentaires:

Commentez...