(Màj) Farhat Rajhi : effets secondaires !

Décidément, il ne laisse personne indifférent ! Cet homme a été l’invité de l’émission « Essaraha Raha« , diffusée samedi dernier sur Hannibal TV. Les téléspectateurs s’attendaient à des révélations et des exclusivités, mais ils ont été déçus. Et pourtant, Farhat Rajhi n’a pas laissé tout le monde indifférent.
C’est qu’il en a dit des choses, de quoi faire réagir l’ancien locataire du Palais de Carthage. Oui, Ben Ali a décidé de s’appuyer sur les « confessions intimes » de l’ancien ministre de l’Intérieur pour renforcer le dossier qu’il prépare contre l’Etat tunisien.

A travers un communiqué de son avocat Akram Azoury, Ben Ali réagit aux déclarations de l’ancien ministre de l’Intérieur Farhat Rajhi, estimant que celles-ci «sont une preuve supplémentaire que l’argent prétendument découvert à sa résidence, 35 jours après son départ, a été sciemment emprunté de la Banque Centrale pour être filmé par la chaîne nationale dans le but d’exciter l’opinion publique à des fins politiques».

L’avocat de Ben Ali, estime en effet que «lesdites déclarations constituent une confirmation supplémentaire que le soi-disant jugement de condamnation rendu le 20 juin 2011 contre Ben Ali sans examen et en l’absence de défense, s’est contenté d’entériner les accusations médiatiques dans le cadre d’une manipulation dont le but est d’insinuer que Ben Ali s’approprie physiquement les fonds publics».

Voici en gros, ce que dit le communiqué d’Akram Azoury qui rappelle notamment que l’ancien dictateur a toujours nié les accusations qui lui étaient faites en affirmant que «ces devises ont été empruntées de la Banque Centrale spécialement pour être filmées dans sa résidence puis retournées à la banque et que le jugement entérinant cette mascarade était juridiquement inexistant».

Que demande aujourd’hui Ben Ali ? Le président fuyard souhaite d’abord qu’une enquête soit ouverte afin de poursuivre les auteurs, complices et instigateurs de cette manipulation et d’annuler le jugement du 20 juin 2011. Rien que ça ! Ben Ali a même l’intention de citer les déclarations de Farhat Rajhi comme des preuves qui seront adressées au Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies à Genève dans le cadre de la plainte, toujours en cours, du Président Ben Ali contre l’Etat tunisien.

L’effet Farhat Rajhi ne s’arrête pas à Ben Ali. Le colonel, Lotfi Guelmami, également cité dans l’interview du 15 décembre, a réagit aujourd’hui aux explications données par Farhat Rajhi concernant la mise à la retraite de 42 cadres du ministère de l’Intérieur sous son mandat en tant que ministre de l’Intérieur.

Le fait de revoir Farhat Rajhi à la télévision lui a peut-être rappelé de mauvais souvenirs. Lotfi Guelmami a donc annoncé, sur les ondes de la radio Mosaique FM, son intention de porter plainte contre l’ex-ministre de l’Intérieur, Farhat Rajhi.

Et Sami Fehri ? Les déclarations de Farhat Rajhi ont été un élément sur lequel se sont basés les défenseurs du producteur d’Attounisissia TV pour étayer leurs revendications. Naoufel Ouertani n’a-t-il pas rappelé en direct sur Attounissia, les propos de Farhat Rajhi. Ce dernier a estimé, lors de son interview, que Sami Fehri est emprisonné abusivement et que cette affaire «représente une atteinte à la liberté individuelle de la part du Parquet qui refuse de le libérer malgré la décision de la cour de cassation» ?

On a lancé un appel à la libération de Sami Fehri (des juristes, la société civile, etc) puisque la loi confère au ministre de la Justice, en sa qualité de chef du ministère public, le pouvoir d’intervenir pour garantir la bonne application des procédures. Farhat Rajhi vient de booster cet appel qui coïncide étrangement avec la décision de Sami Fehri d’entrer en grève de la faim !
Décidément, là où il passe, ce sacré Rajhi stimule tout le monde !

La dernière en date, et il fallait s’y attendre, a eu lieu hier soir, lors de l’émission « Labess« . Nejib Karoui, fils de l’ancien Premier ministre Hamed Karoui, y a été invité pour répondre aux accusations proférées contre lui et son père par Farhat Rajhi lors de l’émission « Essaraha Raha ».

Les répliques du médecin, qui a probablement mal encaissé les propos du juge, ont été dignes d’un show de téléréalités où tout a été mis à nu et où la vie privée d’une personne a été jetée en pâture aux téléspectateurs et où la décence humaine a été balancée aux orties.

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