La grève du transport : manipulation ou colère des « citoyens » contre l’UGTT !?

Personne ne pouvait douter que la grève sauvage des agents de la TRANSTU (Bus et Metro) allait provoquer tout le chaos qu’on vient de vivre aujourd’hui à Tunis.

Rappelons que suite à une collision avec un autre véhicule, le chauffeur du bus a été interpellé alors qu’il s’est présenté au poste de police pour déposer plainte contre son agression. Depuis, le chauffeur en question vient d’être relâché…

Aujourd’hui, vers 8 heures 30, des centaines de citoyens parmi les passagers qui n’ont pu rejoindre leur boulot et école en raison de cette grève ouverte, ont bloqué la circulation au niveau du Passage et ont empêché les bus relevants des sociétés de transport privé de poursuivre leur chemin.

Une demi-heure plus tard et à la demande de certains sitinneurs qui n’ont trouvé aucun intérêt à ce mouvement, des dizaines d’entre eux se sont dirigées vers le siège de l’UGTT, à l’avenue Mohamed Ali, scandant des slogans hostiles à la centrale syndicale et aux responsables syndicaux du genre « dégage Al Ittihad » ou « le peuple veut faire tomber l’UGTT » ….

À leur arrivée à la place de Mohamed Ali, la porte principale du siège a été fermée. De temps à autre, des responsables jettent un coup d’œil discret du côté des portes-fenêtres. Un des leurs a filmé la foule avec une caméra puis a vite regagné l’intérieur du local.

Entre temps, des cercles de discussion spontanés se sont formés entre les manifestants. La très grande majorité remet en cause le sérieux et la loyauté du Syndicat qui cautionnent tout mouvement de grève, pour n’importe quelle futilité et n’importe quelle bouderie, sans se soucier de l’intérêt des citoyens et du pays. D’autres en ont profité pour glisser des messages politiques à l’encontre de l’UGTT qui n’agit pas conformément à sa mission consistant à protéger l’intérêt des classes laborieuses et opère selon un agenda politique qui vise à déstabiliser l’État et à avorter le processus transitionnel.

L’intérêt pour les médias n’a pas échappé à ces débats spontanés. Pour certains, les médias ont encore une fois raté l’occasion de couvrir l’événement et ses à-côtés. Pourtant, des journalistes étaient sur place en train prendre des images et de recueillir les avis des présents. Parmi eux, une journaliste de la Radio Midi France a interviewé quelques manifestants qui lui ont expliqué, les raisons de leur mouvement.


Une demi-heure après, la portée d’entrée s’ouvre brusquement et une vingtaine de personnes armées de gourdins se sont attaquées aux manifestants pour les obliger à s’éloigner des lieux. Le rassemblement s’est reconstitué et les manifestants sont revenus devant le siège de la centrale, disposés cette fois-ci à la confrontation. Seulement, un cordon de sécurité composé d’agents de forces de l’ordre s’est dressé pour empêcher la confrontation entre les manifestants et les syndicalistes.

Les manifestants ont refusé d’évacuer la place malgré les sommations de la police ce qui a justifié le recours à un renfort sécuritaire en prévision d’une éventuelle intervention. Et c’est à ce moment précis que des syndicalistes et d’autres personnes, qui étaient à l’intérieur du siège, sont sortis pour exprimer leur attachement à l’UGTT.

Ce n’est que vers 11 heures 30 que le calme est revenu.

Cet événement nous interpelle et nous amène à plusieurs interrogations.

Tout d’abord, la grève des transporteurs d’aujourd’hui n’a pas été déclenchée par l’UGTT mais par la CGTT.

Ensuite, ces manifestants qui sont allés protester devant le siège de la Centrale Syndicale sont-ils aussi innocents que cela ? Et depuis quand les citoyens normaux, que l’UGTT a toujours défendus, se rassemblent-ils pour aller devant le siège de l’UGTT pour protester contre une grève, aussi dommageable qu’elle puisse l’être ? Et depuis quand de simples citoyens scandent-ils des slogans politiques hostiles à l’UGTT et en arrivent aux mains avec ses militants ou tentent-ils de forcer son siège ?

Il s’agit, à notre humble avis, d’une manipulation à laquelle nous sommes désormais habitués. Les seuls incidents ou provocations dirigés contre l’UGTT depuis la Révolution ont été l’œuvre de militants nahdhaouis. Ce fait, intervenant, à quelques jours de la tenue de la Conférence nationale proposée par l’UGTT et prévue pour le 16 octobre, et à laquelle Ennahdha n’a pas encore exprimé clairement sa position et si elle y participerait ou pas, est de nature à rallumer la mèche de la discorde entre l’UGTT et Ennahdha, avec ses deux alliés à ses côtés, qui projette d’annoncer sa feuille de route deux jours plus tard…

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