opinion – Je vous demande de bien vouloir m’excuser pour… Mes pensées !

Avant de m’exprimer sur cette sacrée démocratie tunisienne, je souhaite d’abord la bienvenue au tout nouveau parti salafiste Islah (Réforme). « Son chef, Mohamed Khoja, a assuré à Reuters que son mouvement respecterait la démocratie et le caractère civil de l’Etat tunisien. »
Voilà un parti digne des valeurs qu’il défend. Un parti honnête et sans aucune ambiguïté. Il prône un retour à l’islam des origines et une lecture littéraliste du saint coran. Il abjure la démocratie et la laïcité, considérées comme la corruption suprême de la foi musulmane. Ne reconnaissant que le khalifat (خِلافة), puisque les élections sont une perversion de la foi. Pourtant, Monsieur Mohamed Khoja va respecter la démocratie et ce qui en découle !

Et si je cherche une quelconque explication à la création de ce parti normalement interdit par Allah, l’incohérence devient logique ; la voracité du pouvoir mérite bien qu’on casse quelques principes fondamentaux du salafisme.

Une énième raison pour que je me tourne vers le bon vieux passé du parti unique. Je n’ai pas été sondée mais, je regrette Ben Ali. Pardon, mais Je l’avoue, comme certains irakiens regrettent Saddam Hussein. Sa dictature faisaient beaucoup moins de morts qu’aujourd’hui.

Avant que les amoureux de dame démocratie me tombent dessus à bras et à scies, je précise que je ne défends pas les dictateurs, mais en Tunisie, on est tombé de Charybde en Scylla. Un simple constat qui s’impose à nous.

C’est une analyse simpliste que celle d’expliquer l’échec flagrant de l’exercice de la démocratie en Tunisie par, entre autres, notre immaturité politique irréfragable.

Il y a plus de deux cents ans, les pères fondateurs étaient-ils plus intelligents que nous pour écrire l’une des plus vieilles constitutions encore appliquée aujourd’hui aux États Unis, garantissant démocratie et liberté ? Je ne le pense pas, mais le couac doit être ailleurs. Je ne suis pas docteur en sociologie politique pour avancer une quelconque thèse, bien assise. Je laisse les spécialistes s’y pencher en toute honnêteté.

Revenons à nos actuels bergers, tout le monde dit que nous les avons choisis, soit !

Les extravagances de ce gouvernement ne s’arrêtent jamais. L’une des dernières est que le ministre de Droits de l’homme, Samir Dilou, a annoncé que des islamistes, ex-prisonniers, ex-poseurs de bombes seront non seulement indemnisés via un compte ouvert aux contributions et aux dons. Tiens ça me rappelle un ancien compte, l’honorable 2626 ! Mais profiteront aussi d’un projet de loi relatif à l’amnistie, qu’Ennahdha est en train de concocter à sa manière sous le Décret-loi n° 1, paru le 16 février 2011. Une loi qui effacerait l’ardoise définitivement. Il est plus juste de dire, refera une virginité aux bulletins n°3 et en sus une gratification financière.

Bienvenue dans l’eldorado du terrorisme intellectuel et légal démocratique tunisien. Le gouvernement t’encourage désormais à poser des bombes au nom d’Allah, de traîner en justice Les Arts et les Lettres. Bienvenue en Tunisie, celle qui réussit à recoller entre autres, la main d’un voleur coupé par un salafiste à Jendouba.

Chère démocratie fraîchement élue, merci pour tes bienfaits :

De musulmane je suis devenue mécréante, de femme je suis devenue safira, des salafistes font régner leur ordre sur tout le territoire tunisien sans qu’ils ne soient inquiétés le moins du monde. Entre attentats et agressions, nos lois sont devenus obsolètes. Elles traduisent le « ne touche pas à mon salafiste. »

Les policiers qui me protégeaient sont pris pour cibles et assassinés avec une facilité déconcertante, les criminels sont toujours relaxés, des directeurs de journaux et des directeurs TV sont jugés tout comme au temps de Ben Ali, etc. Merci Dame Démocratie!

Ma liberté de m’exprimer ne touche en rien ce gouvernement et ses plans machiavéliques, au vu et au su de tout le monde. Ma liberté de m’exprimer ne change rien à sa gloutonnerie et au vol qualifié et en plein jour. Il a réussi à me déposséder, même de mon identité. Alors que le dictateur veillait sur ma sécurité, mes économies, mon salaire, mon pays, la paix, etc. Pourtant, ce sont tous les deux, des criminels.

En attendant que la démocratie tunisienne ressemble, un tant soit peu au mythe qui fait drainer les foules et les peuples, je regrette Ben Ali, rien que parce qu’il avait peur de mes pensées.

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