Moncef Marzouki au Qatar : le rêve à défaut de pouvoir

Mohammed Moncef Marzouki, ayant des prérogatives limitées, s’en presse à chaque fois de prendre part aux sommets internationaux. Le président provisoire de la République participe depuis le 21 avril à Doha (Qatar) à la 13ème édition de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) portant sur la mondialisation et les perspectives de son développement.

C’est l’occasion unique pour lui de monter au créneau et de se livrer à la rhétorique devenue habituelle, des projets aussi utopiques que rébarbatifs. C’est ainsi qu’il est revenu sur sa volonté de consolider les liens avec le Qatar, en avançant l’argument de la posture stratégique qu’occupe la Tunisie lui permettant d’attirer les investisseurs tous azimuts.

Notre président a saisi cette opportunité pour rejeter en bloc la rumeur récalcitrante relative à l’intervention du Qatar dans les affaires de la Tunisie, idée sans fondement, à ses yeux, car la Tunisie est « un pays libre et indépendant. »

Outre les projets d’investissement en matière de tourisme, de construction et d’énergie, avec le pays « frère », Moncef Marzouki a caressé le rêve de voir se réaliser dans les prochaines années un dessein qui lui tient à cœur : celui de l’union des peuples arabes. Si cet idéal n’a jamais pu être réalisé, c’est par ce qu’un certain nombre de pays étaient gouvernés par des despotes. Le Qatar ne fait certainement pas partie de ces pays, laisse entendre le Chef de l’État. Comprendra qui voudra.

Au chapitre de la situation que connaît le pays depuis l’avènement de la Troïka au pouvoir, M. Marzouki a mis l’accent sur les efforts considérables déployés par l’exécutif, sans omettre de souligner l’attitude hostile de l’opposition qui ne fait qu’entraver l’action du gouvernement. Il a mis au défi tout gouvernement qui pourrait faire mieux. L’opposition se serait heurtée aux mêmes difficultés que connaît l’équipe de Hamadi jebali. C’est dire selon lui la complexité de la situation qui prévaut dans le pays. Comme tous les membres du gouvernement, Moncef Marzouki a fait allusion aux médias qui manquent d’impartialité dans le traitement des informations. Décidément lorsqu’on manque d’argument, la voie la plus facile est de mettre en cause les médias.

De proche en proche, il apparaît que les discours du président de la République surfent sur les mêmes motifs, dominés toujours par ce manichéisme navrant : le gouvernement mène une action louable, en face l’opposition se dresse en force d’hostilité. Il reste que les beaux discours continuent à tourner à vide. Pour preuve, sa déclaration à Doha inhérente à l’affaire des salafistes qui « se réglera par la loi et le dialogue » a-t-il précisé.

À l’évidence, lorsqu’on en vient à manquer de prérogatives et de pouvoir, il ne reste que les beaux discours et les rêves… Aujourd’hui plus personne n’est dupe des mirages qu’on lui fait miroiter.

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