93 %, ce n’est pas négligeable !

Avec une récession de -1,8 %, si la situation est comptablement négative, du moins au dire des détenteurs des données, il n’est pas dit que toute l’économie, qui vit depuis toujours avec une moitié de son potentiel dans un noir impénétrable par les lois de l’économétrie, soit arrivée à son dernier souffle comme tendent à le faire croire les faiseurs de chiffres. D’ailleurs à un mois à peine de la clôture de l’exercice 2011, qui pourrait prétendre nous édifier sur les performances ou les contreperformances de la configuration économique résultante en cette première année de révolution ?

Beaucoup de penseurs en doutent autant que le professeur Ch Ayari qui considère, avec réserves, la crédibilité des indicateurs-clés annoncés. Pour cet éminent économiste, le taux de croissance économique effectif, le taux de chômage, les emplois crées, ceux détruis, le taux d’inflation, l’ampleur des dégradations et autres dommages collatéraux subis par le système productif public et privé national, les chiffres les plus proches de la réalité n’apparaitront selon lui, au mieux, qu’à partir de la fin du premier trimestre 2012.

Aussi, c’est sous cette approche de précaution que nous voulons ici aborder l’analyse des statistiques annoncées récemment par l’agence des promotions des investissements étrangers. Il en ressort en effet qu’avec 1259 entreprises de catégorie PME (petites et moyennes entreprises) le partenariat français en faveur de notre pays est au plus haut du podium de l’investissement étranger. Cet investissement français devance de loin celui de l’Italie, laquelle intervient avec 745 entreprises alors que celui de l’Allemagne prend la troisième place moyennant 266 unités de production.

Pas loin du podium, la Belgique contribue avec 208 entreprises tandis que « les » pays arabes ont globalement pris part avec 220 entreprises.

Au total du décompte, avec près de 93 %, les Européens confirmeraient leur position de premiers partenaires traditionnels, ne laissant que 7 % des investissements aux pays du Golfe. Est-ce par manque de compétitivité ou du peu d’intérêt que les pays du Golfe nous accordent ? La question mérite d’être posée surtout à une période où plus que jamais les conditions sont propices à un développement en direction du Sud-Est, mais dont la réactivité paraît bien molle.

Ceci dit, il faut, en tout cas, savoir que la forte majorité de ces entreprises est installée autour des grands centres urbains, plutôt côté littoral, choisissant les zones à polarité industrielle opérationnelle où l’infrastructure est déjà développée. En effet, avec seulement 402 entreprises (mais qui emploient tout de même quelques 57.000 personnes) les régions de l’intérieur, parents pauvres de la distribution vers les zones démunies, n’auront profité que d’un faible pourcentage d’implantation, à peine 13 % sur les 3102 entreprises qui ont choisi de travailler chez nous.

Ce chiffre global, arrêté au 31 décembre 2011, emploie pas moins de 321.000 personnes, mais ne représente plus que 1711 MD investis en 2011 contre 2417 Md à la même époque à fin 2010. Il faut prendre conscience, aux dires de l’agence des investissements étrangers, que les instabilités diverses, et notamment l’arrêt de la privatisation et/ou les grands projets prévus, auraient fait chuter les investissements de pas moins de 29,2 % en 2011 et que les emplois ont chuté de 15.329 à 10.839 (soit une destruction de 29,6 %) pendant la même année. Au décompte, seulement 9464 emplois demeurent actifs dans le secteur industriel. Les pertes d’emplois sont, quant à elles, conséquentes à la fermeture définitive de quelques 182 entreprises de catégorie petites et moyennes, pour l’essentiel.

Cette distribution des opérateurs étrangers fortement européens semble orienter les responsables à accentuer la promotion du site tunisien en creusant un peu plus en Occident, voulant lancer, courant 2012, une large campagne à destination des États-Unis, de la Grande-Bretagne, voire des pays scandinaves, et ce, sans oublier aussi les pays du Golfe.

Dans ce contexte, les réunions de travail qu’a eu le chef du gouvernement Jébali dans et en marge de Davos semblent confirmer la continuité du partenariat euro-tunisien comme étant la source la plus fiable à promouvoir les véhicules traditionnels propices tant financiers que pour les transferts technologiques, ayant montré leurs efficacité et fiabilité par le passé… La « réal » politique, ça vous dit ?

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