Juppé en Tunisie pour rattraper le temps perdu: «Développer un nouveau partenariat d’égal à égal» !

Quarante-huit heures, insuffisantes pour M. Juppé pour remettre, tout de suite et sur les bons rails, un train de relation franco-tunisien qui a complètement déraillé ces derniers mois. La diplomatie française, sentant l’un des plus vieux partenaires et « allié » lui filer entre les doigts, entend donc rattraper le temps perdu. Trop tard ?
L’avenir proche nous le dira. Parce qu’une Tunisie libre et démocratique n’a pas laissé indifférents même nos ex-«ennemis» d’hier, serviteurs obéissants et généreux aujourd’hui, la France, qui a précipité pour la seconde fois son chef de diplomatie dans les contrées tunisiennes en moins d’une année depuis la chute de Ben Ali, entend réparer ses erreurs après tant d’atermoiements et d’errements. La pomme de discorde dans les relations tendues ? Inutile de rappeler les faits. Cerise sur le gâteau, la prédécesseure de Juppé, MAM, n’a fait qu’envenimer des relations bilatérales souvent fructueuses, mais pas toujours saines.

Bref, c’est dans cet ordre d’idées que rentre la visite d’Alain Juppé. Le ministre français n’y est pas allé par quatre chemins : « la France doit mériter sa place en Tunisie, qui intéresse d’autres pays et s’intéresse à d’autres que nous également». Puisque le Coq français a perdu beaucoup de son aura sous nos cieux, ces derniers temps, aux profits de forces plus conviviales, moins autoritaires, mais surtout qui ont accueilli la Tunisie, à bras ouverts. Pour cela, AJ a annoncé que son pays « souhaite développer avec la Tunisie un nouveau partenariat d’égal à égal, dans le respect des choix des uns et des autres, avec une dimension politique. Nos deux pays ont beaucoup de choses à faire ensemble dans la région, plus particulièrement, où l’exemple tunisien peut servir de référence.
Dans le domaine économique aussi. Lorsque j’étais venu ici au mois d’avril j’avais annoncé que l’Agence française de développement allait augmenter ses interventions en Tunisie au niveau de 350 millions d’euros. La moitié de cette somme a déjà été décaissée et nous allons poursuivre en 2012. Nous avons également mobilisé l’aide de l’Union européenne et puis, dans le cadre du partenariat de Deauville que le président Sarkozy a lancé, il y a quelque mois, nous souhaitons aider la Tunisie dans son développement économique.
Les investisseurs français sont prêts à venir en Tunisie. Nous incitons aussi les Français à reprendre le chemin de la Tunisie sur le plan touristique. C’est un pays magnifique qui offre toutes les garanties aujourd’hui », renchérit-il. Et d’ajouter « il faut sortir du passé – colonial – et s’inscrire dans le registre du présent dans nos relations ».
Enfin, les « ex-alliés » de Ben Ali nous ont compris. Presque aussi tard que lui !

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