Le billet de Hatem Bourial – Dialogue de sourds

Un jour; un homme se rendit chez le bijoutier et lui dit: « Je voudrais peser de l’or.  Prête-moi ta balance ».

Le bijoutier répondit: « Je suis vraiment désolé mais je n’ai pas de pelle!
– Non! Non! fit l’homme; je te demande ta balance! »
Ce à quoi le bijoutier répondit : « Il n’y a pas de balai dans ce magasin!
– Es-tu sourd? dit l’homme.  Je te demande une balance! »
Le bijoutier répondit: « J’ai bien entendu.  Je ne suis pas sourd! Ne crois pas que mes paroles soient dépourvues de sens. Je vois bien que tu manques d’expérience et qu’en pesant ton or, tu vas en faire tomber quelques poussières à terre. Alors tu me diras: « Peux-tu me prêter un balai afin que je récupère mon or? » Et quand tu auras balayé, tu me demanderas si je n’ai pas de pelle! Moi, je vois la fin dès le début! Adresse-toi à quelqu’un d’autre! »

A chaque fois que je me remémore cette parabole, je me souviens de la maxime de Confucius: « Ce que l’on sait; savoir qu’on le sait.  Ce que l’on ne sait pas, savoir qu’on ne le sait pas: voilà le véritable savoir…

Mais aujourd’hui, cette fable de la balance et du balai prend d’autres tonalités.  Face à ces ramassis d’hypothèses douteuses, face à ce tsunami d’indécences, je suis de plus en plus triste et inquiet.

Savent-ils vraiment ce qu’ils font, ceux qui prétendent peser de l’or pour la première fois?  Sont-ils plutôt englués dans une improvisation qui les dépasse?

Minoritaire parmi les minoritaires, je perds espoir devant ces juristes qui se déchirent après nous avoir confisqué la parole. La vague de joie passée, que peuvent quelques voix lucides de la majorité silencieuse pour se faire entendre dans le vacarme de la minorité bruyante?

C’est connu: le triomphe des démagogies est passager mais les dégâts qu’elles causent sont durables…

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