L’affaire de l’A340 de Ben Ali: de quoi faire tomber un premier ministre et limoger un PDG de Banque !

Pour financer une partie de l’achat de l’Airbus présidentiel A340, la CAREPP présidée par Monsieur Mohamed GHANNOUCHI a imposé à Tunis Air de vendre ses participations dans l’UTB et l’UIB, deux fleurons du secteur bancaire tunisien.

La participation de Tunis Air dans l’UTB a été cédée à la BH et à la STB dans le cadre de la restructuration de l’UTB.

Pour l’UIB, c’est suite à une autorisation de la CAREPP en date du 30 juillet 2009 que Tunis Air a cédé la totalité de sa participation au capital de l’UIB le 17 Aout 2009. Cette cession a été réalisée en trois blocs égaux pour un prix de vente arrêté à 14,5 DT par action, soit un montant total supérieur à 32 millions de dinars au bénéfice de :

– Belhassen TRABELSI

– La SPI : Société d’investissement gérée par Asma MAHJOUB et dont les propriétaires ne sont autres que M. Mohamed Zine el Abidine BEN ALI et Halima BEN ALI

– Asma MAHJOUB en nom propre

La suite est beaucoup plus grave et montre sur un cas bien précis les méthodes mafieuses et les connivences coupables qui ont rendu possible le pillage organisé des deniers publics.

En effet, l’opération d’acquisition par les trois bénéficiaires de la cession a été financée par un découvert en compte auprès de l’ATB sans intérêts et sans nantissement d’actions.

Monsieur le directeur général de l’ATB, à la tête d’une banque privée dont 64% du capital est étranger, a accordé un découvert de plus de 32 millions de dinars aux rejetons et gendres du narco trafiquant Ben Ali sans aucune contrepartie : voila qui pose un sérieux problème !

L’affaire ne s’arrête pas là puisque 45 jours après cette transaction, ces mêmes actions sont revendues pour un total de 40 millions de dinars soit avec une plus-value de près de 8 millions de dinars à quatre groupes tunisiens importants.

Au final avec cette opération dont l’objet était le financement de l’A340 présidentiel, le président déchu s’est offert 2 millions de dinars à lui tout seul sur le dos de la compagnie aérienne nationale, sans compter le reste de la plus-value que se sont partagés ses complices. L’action de l’UIB ayant atteint 20 dinars, le manque à gagner pour Tunis Air s’évalue aujourd’hui à plus de 16 millions de dinars.

Rappelons que Monsieur Ben Tanfous, directeur général de L’ATB, perçoit une rémunération annuelle de 719.469 DT soit 59.955 DT mois, autrement dit l’équivalent de 202 SMIG par mois. En l’espace de 12 ans, il s’est constitué un matelas financier de près de 10 millions de Dinars. Tout cela ne serait pas si choquant si par ailleurs ce Monsieur n’était pas un fonctionnaire de l’Etat, en détachement de la banque centrale de Tunisie. Si d’aventure les actionnaires de l’ATB décidaient de le révoquer, il retrouverait un poste de directeur à la Banque Centrale avec tous les avantages sociaux afférents à cette position.

La question se pose alors directement au fonctionnaire de l’Etat qu’il est : pourquoi avoir financé les rejetons du narcotrafiquant et de ses gendres par un découvert bancaire sans aucune garantie ?

Il faut rappeler aux actionnaires de l’ATB que la loi bancaire interdit tout octroi de crédit sans intérêts et à des fins de spéculations boursières. L’opération frauduleuse a contribué à gonfler artificiellement le cours de l’UIB et à offrir 8 millions de Dinars à Zine El Abidine BEN ALI et les siens.

Ce n’est qu’après la revente des actions acquises à bas couts que les découverts ont été abondés, l’ATB ayant subi une perte sèche de près de 200.000 Dinars.

Les petits actionnaires de l’ATB ont intérêt aujourd’hui à se coaliser et à demander des comptes aux gestionnaires de la banque lors de la prochaine assemblée générale tandis que Monsieur le gouverneur de la banque centrale, les règles de déontologie élémentaires l’invitent à mettre fin au détachement du directeur général de l’ATB.

Commentaires: