Libye: vers une intervention salutaire

Après une intense activité diplomatique, les évènements se sont accélérés ces derniers jours. Le voyage éclair de Beji Caid Essebsi à Alger et Rabat, l’arrivée d’Hilary Clinton à Tunis, la décision dans la nuit du conseil de Sécurité de l’ONU autorisant les frappes aériennes, l’étau se resserre sur le colonel Kadhafi. La course contre la montre qu’il a engagée contre son propre peuple est en train de tourner à son désavantage. La mobilisation du peuple arabe et des opinions mondiales ont finalement réussi à obliger les américains et les européens à agir.

Tous les arabes auraient préféré que Khadafi soit vaincu sans aide extérieure comme Moubarak et Ben Ali mais cette aide opportune n’est qu’un juste retour des choses. Armé jusqu’aux dents pendant des années par les occidentaux, son peuple pouvait difficilement lutter contre sa folie meurtrière. Par leur intervention, les occidentaux détruiront les jets qu’ils ont eux-mêmes vendus. Ainsi va la folie des hommes guidés par le seul appât du gain.

La France, la Grande Bretagne, les Etats Unis, la Norvège, le Qatar ont d’ores et déjà annoncé qu’elles participeront à l’intervention militaire contre Khadafi. Les frappes devraient intervenir « dans quelques heures », selon le porte-parole du gouvernement français.

L’inquiétude suscitée par une telle intervention est compréhensible. Elle ne retire rien à la résistance héroïque du peuple Lybien et ne fera qu’accélérer une victoire qui reste la leur et qui s’inscrit dans le sens d’une ère nouvelle de l’histoire du monde Arabe. Cette intervention occidentale doit rester limitée et ne surtout pas voler victoire aux libyens eux-mêmes. Gageons que les arabes « libérés » sauront restés très vigilants sur ce point.

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